IronAnne - chapô
IronAnne
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Des sens en lien de sens aux couleurs de l’envahissement sensoriel

Ce texte est écrit par une personne présentant entre autre une dyslexique et dysorthographiques. La forte charge émotionnelle de cette écriture aggrave l’expression des troubles dys* de ce fait orthographe, grammaire et syntaxe sont affectées par l’exercice testimonial ici partagé.

La musique de fond qui a tourné en boucle pour l’écriture de ces mots est Kané de Fauve. Ce texte à été très douloureux à écrire.

C’est jeudi, j’ai psy.

Cela fait partir de mes routines, encore et encore. Et une de ses redondances qui sera encore longtemps là. L’idée m’épuise. Cette sensation d’être trop bancal. C’est dur ce sentiment, cette lucidité de savoir que le travail n’est qu’un enchainement de mont Everest à franchir et spéléologie dans la Moria. Je vis l’épuisement d’aller piocher au plus intime, au plus insondable, au plus sinistre et d’aller escalader les murs abrutes sans prise. Je tiens. Je n’ai même pas envie d’abandonner. Je tiens, je suis consciente de ce sac qui pèse son poids.

J’aborde en ce moment des sujets que j’évite tout le temps. Ces choses sur lequel j’ai appris à faire « comme si » tout est ok. Il y a ceux qui le remarque et les autres. Je sais que la plupart, à une exception près, n’en n’ont perçu qu’un reflet. Mais c’est déjà trop.   Quand les gens que j’aime le plus me donne l’impression que je suis facile à saisir dans ces abysses, je me sens mal. Peut-être parce que j’ai trop vécu le fait qu’on passe à côté de qui je suis et être perçu comme ayant le droit d’être Anne, juste Anne, sans être celle qu’on attend, ce n’est pas si simple. Soyons honnête, à l’heure actuel seul 2, peut-être 3 personnes ne me demande pas d’être autre chose que moi. Je sais qu’une part de moi cherche à être insaisissable, glissante, évitante. C’est de la survie. Et ce dévoilement de ces zones galeuse de mon être, c’est une brulure constante dans mon souffle. Pourtant, ne plus jouer un rôle, c’est quitter la prison de mon enfance.

Je ne sors pas sans musique dans mes oreilles. Je passe mon temps à user de techniques pour faire « comme si ».  Le dire était brulant, l’écrire m’éventre. Mais il le faut. Il faut sortir ce qui nécrose, oser le poser, le vivre au grand jour sous la lueur des néons sales de la vie.

Chaque jour, dans de multiples situations, des plus insignifiantes aux plus probable, je suis débordée. L’hypervigilance vital pour savoir si le danger est au coin d’un couloir, d’un lit, d’une ombre à un prix redoutable à payer. Elle à mis en moi une forme d’hyper sensibilité sensoriel. Il est « connu » pour beaucoup de gens que je laisse m’effleurer d’un peu plus que les sons sont facilement une source de souffrance. Misophonie, une terme qui évite le débat. Alors, je sors avec de la musique dans mes oreilles. Un écran de protection. Une enveloppe qui évite… Mais cela va bien au-delà. La porte d’un ascenseur qui s’ouvre sur un palier sans lumière me renvoie milles ans en arrière avec la peur d’être étouffé par mon père. La vibration du tram me rappelle celle de notre voiture qui est sur une route de campagne pour une fellation forcé. La percussion de la fraise du dentiste, couché, la bouche ouverte me renvoie à son sexe s’enfonçant dans mes orifices. D’ailleurs, je ne vois pas un instrument de dentiste moi, je vois un sexe.  Le réel s’efface. Une sauce trop gluante, c’est son sperme que je dois avaler. Comment dire à ceux qui vous invite à table « c’est surement très bon, mais tu vois, je ne peux pas manger ce plat. » On ne dit pas « Cette sauce me fait avoir 6 ans éternellement. J’ai envie de vomir le sperme de mon père et je dois l’avaler. ». Et pourtant, c’est exactement ça que je vis. Mais je fais comme si, et je m’inflige cette sensation pour ne pas gêner, ne pas faire de vague, épuisée les gens avec ma réalité et sa constance.  Parfois, mon amoureux met la mains sur ma cuisse. Je souris. Mais ça brule comme la main de mon père a chacun de nos trajet de Dijon à Brazey, de Brazey à Dijon. Le parfum fahrenheit, ou l’eau d’Issey Miyake pour homme, me renvoie à l’odeur de sa peau collé à moi. Trop salé, c’est sa sueur que j’ai dû lécher, trop poivré, son sperme. Une main sur mon épaule mise d’une certaine façon et c’est mon épine dorsal qui crève d’angoisse.

Il est facile de dire que j’ai souffert d’anorexie et de boulimie. Il est facile de cacher cette anorexie toujours présence, d’ailleurs personne la voie sur une obèse. Ne pas manger pour ne pas ressentir… savoir que j’adore le lait concentré mais qu’il me fait vomir en même temps. Il y a des sons, des gestes, des reflex, des couleurs… qui me foutent dedans. Ce n’est pas une fois de temps en temps. C’est tout le temps. Alors, je fais comme si. J’avance, comme si… je marche, comme si. Je danse, comme si. J’embrasse, comme si. Je couche, comme si. Parce que, c’est plus facile pour les autres.

Je crève que les gens que j’aime me prennent dans leur bras, mais mon corps lui crève de ce qui s’est jouée avant. Il y a une négociation constante. Alors je souffre. Je souffre d’une part de ne pas avoir beaucoup de câlin. Et de l’autre d’avoir du mal à les supporter.  Je connais de rare personne avec qui ça va, qui ne réveille rien en moi. Le paradoxe, c’est que ce sont 2 hommes. Mais en rien, il n’éveille le danger. Non pas que je sois aveugle mais juste rien ne se joue dans ce qu’un câlin peut engendrer comme prix. Je crois aussi parce qu’ils voient de la lumière là ou moi je vois le sale sous la lumière froide des néons ou s qui voit du beau là ou moins je vois de l’obscure, qui voit de la lumière là où je suis envahi par les ténèbres, qui m’aime juste comme je suis. Pas plus. Pas moins. Pas autrement. Imaginez que tout contact m’envoie dans des zones à risque. Imaginez des rares contacts qui ne le réveille pas. Évidement, je ne leur dis pas. Mais je le vis. Et chaque contact tendre me donne un peu d’espoir qu’un jour, cette envahissement sensoriel sera moins là, plus qu’une vague ombre.  

J’aime mon métier. Et j’y vis le paradoxe que tout ce que je vous ai dit, n’y joue pas un rôle… s’en va.

Aujourd’hui, c’est jeudi, j’ai psy… est-ce que j’aurais encore une stratégie pour éviter la mise au travail de cette question que j’ai effleuré la semaine passée mais dont mon psy a tout de suite saisi l’ampleur.

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