Galeiliante
Galeiliante

Le souffle coupé

Brazey-en-Plaine. Il est tard. Cela fait 2 ou 3 heures que je suis au lit. J’ai froid. Je suis épuisée. J’entends le carrelage faire le son si spécifique qui me signale que mes parents passent dans le couloir. Je tends l’oreille. Pas un mot. C’est au son que je déduits que me père et ma mère vont ensemble au lit, dans leur chambre. La lumière du couloir s’éteint. J’entends le silence Je reste les yeux grands ouvert. Je vois les lumière diffuse de leur chambre s’éteindre dans le refait que celle-ci offre au mur. Pas en même temps. Quelques secondes les séparent. Ils vont dormir. Je fini par sombrer dans le sommeil. J’ai le sentiment que la nuit sera calme.

Je me réveille. J’ai le souffle coupé de terreur. L’effroi est là. J’entend ma mère entre plainte, « non » dit en boucle et gémissements… J’entends mon père. « Tu ne décides pas. C’est, si moi je veux. Écarte les cuisses. Tu fais si bien la pute. ». J’entends la colère montre dans sa voix. Ma mère à, elle, sa voix pâteuse. Je comprends. Il la viole. Elle ne veut pas et elle se débat mais elle est droguée, ses défenses sont basses autant que sa capacité à participer. Elle ne peut pas faire face. Sauf que j’entends des « réveille-toi salope », des claques. Elle est loin. Je ressens la vibration du corps de ma mère lancé contre le mur. Je suis figée. Je veux disparaitre, retourner voguer vers l’oiseau bleu, loin, dans ce mode des « tout est possible ». Je veux voyager dans ces mondes où je peux flotter, voler, jouer et avoir mon âge. Ou je peux avoir 11 ans.

Il se lève en colère. Ses pas tonnent dans le sol. Je ne bouge plus. Je respire à en disparaitre. Je m’efface. Il avance à tambour battant dans ce couloir. Je n’existe plus. Je prie. J’appelle dieu. J’appelle mon grand-père. Je suis dans cette supplique « Tout mais pas moi, protégez-moi s’il vous plaid ? ». Il s’éloigne… il tempête dans la cuisine. Mon corps se relâche. Il est loin.

Je ne sais pas combien de temps cela dur. Mais c’est infiniment long. Il revient, sans discrétion. Il y a moins de colère dans la vibration du sol. Il doit être devant la porte de leur chambre. Il avance, j’entends les carreaux du carrelage. J’entend les pas feutré qui caressent la moquette de ma chambre. J’entends ce mouvement ni discret, ni caché. Il vient. Il se rapproche. Je sens l’air qui s’avance vers moi poussé par son corps. Je sens que la pression de ce monstre fait rétrécir l’espace entre les molécules d’oxygènes. Je ressens chaque molécule du mélange gazeux devenir vaporeuse, chargé d’une irrespirabilité. Je me concentre. Je perçois qu’il est proche de ma tête. Dans ma chair sa présence se diffuse. Il se penche.

Ma concentration est intense. J’ai les yeux fermés. Je bas légèrement des paupières comme si j’était en sommeil profond, comme si je rêvais. J’ai appris ça à la télévision. J’ai une respiration très lente. Et je sais ce qui va se passer.

Il se glisse comme une anguille gluante, puante de stupre dans mon lit. Il s’insinue sous ma couette comme la vipère. Il me pousse. Je feins toujours l’endormissement. Je suis là comme vide de moi. Mon corps suit le reflux qu’il m’oblige à avoir. Je fais la morte, je n’ai plus de tonus. De toute façon, il m’a déjà tué de l’intérieur. Il est là dans mon lit. Il passe son bras dans le creux de mon cou.

Il est collé à moi. Il ne bande pas. Je ne bouge pas. C’est une règle, je ne veux pas qu’il sache que je suis réveillée. Je laisse un bruit étouffé sortir de ma bouche, comme si je parlais en dormant. Je donne le change. Le silence se brise « Je sais que tu dors. Ta maman est une chienne. Elle veut bien des autres mais jamais de moi. ». Il m’enlace. J’ai l’impression qu’il se laisse aller pour dormir. Je ne laisse pas fuiter mon soulagement. Mais oui, je le suis, soulagé d’un poids. Je me dis que je vais devoir dormir avec lui sans place dans ce lit fait pour un corps. Mais au moins je vais dormir. Le temps passe. Je m’autorise à finalement dormir.

Il commence à bouger. Je tente de ne pas tressailler. Je dois rester invisible. Son autre main caresse mon ventre. Il bande, je sens sa queue se durcir. Je sens ce sexe pointé dans ma fesse. Il commence son va et vient. Sa main se décolle de mon ventre. Il sort son pénis de son caleçon. Il réajuste la position de son bassin. Je sens sa bite entre mes fesses, son va et vient. Il augmente le rythme. De plus en plus vite. Il ne me pénètre pas. Il se frotte sur mes fesses glissantes entre mes jambes vers mon périnée. S’il insiste un peu, il serait en moi. Il y va de plus en plus vite. La tension monte, le rythme s’envole. Puis sa main se décolle de mon ventre. Le bras dans le creux de mon cou se plie et la main droite se dépose sur ma poitrine naissante. J’entend le fla-fla de sa masturbation avec la main qui était sur mon ventre. Il se branle… il m’éjacule sur ma fesse. J’ai entendu son souffle changer. Se faire physique, à bout, dans l’effort. Il reprend de l’air, encore et encore. Il ne cache pas sa respiration. Moi, je ne suis pas dans son attention, je n’existe pas. Il aurait pu voir que j’étais réveillée, s’il s’était préoccupé de moi. Il aurait pu percevoir que je suis rigide, tendu. Mais je n’existe pas. Il m’enlace, fortement « toi au moins, tu es gentille. ». Et moi, je ne sens que son sperme qui couple sur ma fesse.

Il se levé, quitte le lit et retourne dans sa chambre. J’entends ma mère vaseuse dire à mon père « où tu étais ? ». Il lui répond « J’étais avec Anne, elle a fait un cauchemar. Elle s’est enfin endormie ». Elle ne répond même pas. Comprend-elle ce qu’il lui dit ?

Je n’ose même pas bouger. Je ne veux pas toucher ce truc visqueux qui coule sur moi et je ne veux pas rester avec. Je fini par me servir de ma housse de couette et retourné la dite garante de ma chaleur pour être au sec. Je ne veux que ça. Être au sec.

Au réveil, tôt. Il faut aller à l’école. Petit déjeuner. Il me dit avec ma mère à côté de lui : « Tu as eu un gros cauchemar cette nuit, je suis sûre que tu ne t’en souviens pas ». Je regarde mes céréales. Et je dis « si je m’en souviens, j’étais toute mouillée ». Il m’a fusillé du regard. Ma mère est partie s’habiller un peu après. Il s’est levé vers moi. Il m’a regardé avec une rage courante. « Lève-toi ! ». Il m’a donné un coup de poing dans le ventre. « La prochaine fois, ne fais pas semblant de dormir. Et tu ne pleures pas là ! ». J’ai eu mal. Le souffle coupé. La vie absente.

Double peine.

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