Galeiliante
Galeiliante

Un jour, tu regardes les J.O

La vie est peut-être faite de hasards, ou pas. Le harcèlement scolaire (avec son caractère sexuel) est aussi quelque chose que j’ai subi. C’est une violence qui m’a fait perdre beaucoup de foi en l’humanité. Et puis elle confirmait mon modèle de vie : La violence est le seul vrai ingrédient de mon enfance et c’est normal.

J’étais tranquillement dans mon canapé, et je regardais donc les JO, sur France 2. J’adore les Jeux Olympiques. J’adore regarder et plus particulièrement certains sports que j’ai pratiqués. Et, dans un sport de combat on parle d’un certain sportif français. Je m’effondre. Me voilà en pleure, prostré au fond de mon canapé. Son nom résonne dans le souffle anxieux de ma cage thoracique. Je vais mal. Je ne te donne pas les détails volontairement (sport/nom… etc.), parce que je n’ai pas envie de te dire qui il est non pas pour lui mais pour moi.  Il va chouiner à la diffamation et j’ai mieux à faire que ça à faire dans ma vie…

Je le voyais avec son sourire conquérant et moi, je me demandais s’il éprouvait la moindre once de remord, culpabilité sur ce qu’il m’a fait et a ne pas en douté, qu’il a infligé à d’autre personne.

J’étais au collège. Cela a commencé insidieusement… des rires dans ton dos, des mots que tu entends mais pas assez pour réagir. Et puis doucement, lentement, tout commence à te ferrer dans un piège bien huilé, huileux, à t’enfermer dans mécanisme très complexe dont il est quasi impossible de s’extraire. Tu ne sais pas comment tu en es arrivé là mais c’est déjà trop tard quand tu prends conscience de ce qui se passe. Il n’y a aucune sortie de secours.

Ils ont agi comme des prédateurs, en bande. Il était à l’affut de ce qui est le signe que c’est la proie idéale : celle qui est déjà fragile mais qui à une espèce de résistance qui pousse au défi.

Les actes physiques ont commencé par une règle que l’ont passé dans mon dos. L’objectif étant de vérifier si j’avais un soutient gorge. Ma poitrine ne nécessitait aucun accessoire. Mais son absence me valait un lot de quolibets des plus étouffant. Puis quand j’en ai mis, dans l’espoir vain de changer les choses, on se moquait de moi… Lui et ses potes adorait me le détacher. Drolatique, tordant, hilarant, leur rire gras toujours prêt à être dégainer. Puis il y avait les placages contre le mur, les bousculades avec l’épaule. Les déclarations sur ma mocheté, mon poids, ma couleur de cheveux et aussi surement l’arrière-cousin de leur tante au 3ième degrés qui influençait leur volonté de m’humilier. C’étaient ensuite les mains aux fesses, les culottes attrapés sous le jeans et tirée juste un peu pour te dire « je peux le faire »… les regards menaçants et les milliers de phrases moqueuse ou sonnant comme des avertissements sur ma sécurité physique.

Et cette personne, qui m’a infligé avec 2 de ses amis d’innombrable humiliation était, au J.O. Il n’a jamais entamé une repentance. Il forme même des jeunes aujourd’hui (merci google). Mais quand je le fouille internet en écrivant se biller : rien sur cette adolescence de torture… rien sur ce qu’il a fait de mal. Mais… pour les détails que je ne te donne pas, je savais qu’il avait fait plein d’autre victimes, et qu’il usait de son sport de combat sur certains autres . Comment pouvait-il aller au J.O ? Oui, il est facile d’argumenter que le temps à passer, qu’il l’a mérité. Certes… mais au fond de moi, celle qui avait encore peur : elle ne peut pas comprendre le mécanisme en jeux.

À cette époque, je l’ai donc ajouté dans mes contacts sur Facebook. Je lui ai resituer ma personne, ce qu’il m’avait fait. Mais il a eu comme réponse la lâcheté classique, attendu et prévisible : le silence.

Le problème, pour moi, c’est qu’il ai gagné une médaille. C’était de voir sur le net des gens le glorifier et de me dire « mais les autres… ses victimes ? »

Oh, il a peut-être évolué. En réalité je lui souhaite, voir même je l’espère.

Je me souviens de la sensation de leur règle dans mon dos, sur mon épine dorsal et de tout mes muscles qui se contractaient. En réalité, cela fait mal, parce qu’ils appuyait toujours un peu. J’avais des marques.
Je me souviens de leurs rires, sans gêne  et au devant même des profs. Ils n’hésitaient pas à le faire en cours, dans une discrétion somme toute relative.  Une pensé pour la prof d’anglais qui na pas réagit, ni celle de physique-chimie, ni celle de musique. Ils osaient  sur leur soi disant “art du dégrafé de deux doigts” de mon soutiens gorge en classe.
Je me souviens de l’air palpitant sous mon sternum, mon cœur explosant le tambour interne de ma poitrine, mon flux sanguins audible dans mes oreilles. La panique pure. Le gout dans ma bouche. Je connaissais parfaitement ce qui se passait en moi. Je savais que la prédation était là.
Je me souviens de mon besoin d’être invisible, inexistante, d’être oublié par le genre masculin bien immonde.
Je me souviens du sentiment de souillure.
Je me souviens d’avoir baisser encore et encore la tête.
Je me souviens des kilomètres en plus que je parcourais dans cette école tortueuse aux différents bâtiments pour les éviter dans les couloirs, escaliers, coins sombres.
Je me souviens de leur rire. Leurs rires sur ma peur.
Je me souviens de leur jeu à me traquer pour juste me faire peur.
Je me souviens des croches pieds.
Je me souviens du « tu sens comme je bande ? Je pourrais baiser une salope comme toi en pensant a une fille jolie… pas comme toi » d’un de ses copains. Je m’en souviens trop fraichement… et de son rire à lui.
Je me souviens de cette main, la sienne. Celle avec laquelle il brandissait sa médaille.
Je me souviens d’elle sur mon épaule droite, serrante mais pas trop. Celle qui d’un geste tout ajusté me faisais saisir qu’à la moindre protestation, il pouvait me la broyait.
Je me souviens de lui se ventant être bon dans son sport. Ce n’est pas faux. Mais cette vantardise avait un but : terroriser.
Je me souviens d’avoir eu envie d’avoir la force de le poussé dans les escaliers quand il était devant moi, juste parce qu’il avait pincé mes fesses en me dépassant… et surtout parce que je voulais que cela cesse.

J’avais peur.
J’étais terrorisé.
Je me souviens de me retenir de tout mon être de me pisser dessus, de cette contraction allant du périnée aux fesses, écrasant mon système urinaire (et accessoirement de toutes les infections urinaires que cela déclenchait).

Cette année, j’ai aussi failli être violé dans un parc.
Cette année-là, je vivais un enfer : en classe, en dehors.
Cette année-là, mon père était déchainé.

Cette année : j’ai voulu mourir. Mais, pas d’internet pour trouver comment faire.
Cette année, plus que toutes les autres : je n’avais aucun repris.
Cette année-là, j’étais tout le temps à l’infirmerie. Je m’y refugiais pour éviter la récréation, les petits coins cachés dans ce dédale sans surveillance… arrivant toujours avec 1 min de retard en classe avec ce passe-droit indiquant ma libération de mon refuge.

Et vous savez quoi ? les profs le voyaient en classe, certains en rigolait. Et cette année-là, j’ai haï l’école, découvert oh combien je pouvais mépriser les gens qui voit la violence et ne font rien. Je me suis aussi détesté de penser comme ça. Et j’ai commencé une automutilation précise, contente de ma poitrine. Et personne ne trouvais ça important.

Il y a eu mille et une violence dans ce harcèlement… et non, il n’a jamais vécu toute sa vie sportive dans les valeurs des J.O. C’était un salaud et il aimait terroriser d’autres… Et il était là sur mon écran de TV.

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