Galeiliante
Galeiliante

Un mois

Il y a 1 mois, j’étais au tribunal correctionnel.

Il y a quelque chose de particulier d’aller assister à une audience. Je ne parle pas le langage juridique. Je suis simplement allée entendre la décision dans un jugement. Simplement, un mot qui cache toute la complexité du vécu. Que suis-je donc allée faire ? Entendre la décision de justice pour Le soignant. Il me fallait être là. Je voulais entendre. Et j’ai eu envie de vomir.

Il a été condamné en 1er instance pour des attouchements sur un de ses enfants. J’ai appris qu’il avait été condamné précédemment pour des faits similaires et qu’il les avait reconnus. Je l’ai connu après cette condamnation.

En quoi cela me concerne ?

Ce qu’a vécu sa victime n’est pas mon histoire. Cette histoire touche simplement à mon histoire. Elle la touche parce que j’ai vécu ce dont je vous parle ici de jour en jour. Elle la touche aussi parce que j’ai été mise en abime par Le soignant. Elle me touche parce que je lui ai parlé de ce que j’avais vécu mais qu’il n’a pas écouté, entendu. Il a feint de ne pas savoir. Et quand, après la naissance de mon 3ième enfant, j’en ai reparlé : il a découvert l’eau chaude.

Je ne suis pas naïve, je sais de quoi est constituer le monde. Je ne voulais plus être effleuré par « ça ». Mais je l’ai été, non pas effleuré, mais percuté, éclaté, explosé.

C’est une histoire douloureuse que celle d’avec ce soignant. C’est presque 10 ans.

C’est les questions du « comment ai-je fais pour ne pas entendre mon système d’alarme ? », « Pourquoi est-ce que je ne sors pas de cette histoire ? », « pourquoi mon histoire se répète ? ».

C’est l’histoire de nombreuses femmes abimé par ce soignant. Ce soignant est entré dans notre intime, dans la naissance de nos enfants.

La naissance, c’est d’ordre sexuel. Et, il l’a fracturé. Il a étiolé, effilé doucement les choses. Il y a de nombreux mécanisme que j’ai vécu avec mon père. Il y a les visites sans prévenir, entrer sans sonner chez moi. Il y a les temps pour me rappeler que je pense mal, que je fais mal. Il y a les « c’est de ta faute ». Je le sais, on me l’a toujours dit ce mensonge. Il y a tellement dans l’acte de cloisonnement. Petit-à-petit, on existe plus. Il y a les négligences, les mises en danger. Il y a la naissance de mon 2ième enfant. Il y a la décision de lui désobéir et d’aller quand même à l’hôpital. Il y a la mort qui se frôle. Il y a le laisser seul dans l’abysse parce qu’on y coule et, que dans la noyade de sa psyché, l’autre prend encore plus le contrôle. On est encore plus malléable. Il y a les reproches « ben quoi il n’est pas encore né ! » dit avec réprobation. Il y a la litanie. Il y a l’effraction intime. Le geste posé sans considération de la délicatesse de l’intime, sans prévenir. Il y a ce qu’on a vendu et qui n’est pas vrai. Il y a la peur qu’il me tue de rage. Il y a les autres, elles aussi abimées, fracturées, cassées, blessées. Il y a l’argent envolé. Il y a concomitance de profil.

Avec le soignant, j’ai revisité mon enfance sans amalgame. Et je suis la méchante. Il me fait peur. Je devrais le cacher, le garder pour moi. Mais, c’est la réalité. Il a brisé mon intime. Et, il est condamné pour d’autre intime fracturé.

Quand une personne rentre chez vous, pénètre une pièce, arrive dans votre salle à manger sans s’être annoncer, sans en avoir reçu votre accord. C’est une fracture de votre sécurité. J’ai eu très peur, je vis enfermé pour me protéger.

Quand…

Il y a un mois, il a été condamné. Il doit se prendre en charge. Est-ce qu’une thérapie fera qu’il reconnaisse ce qu’il a fait à d’autre ? Ira-t-il s’excuser pour les femmes ? pour les enfants ? Les couples ?

au tribunal correctionnel.

Il y a quelque chose de particulier d’aller assister à une audience. Je ne parle pas le langage juridique. Je suis simplement allée entendre la décision dans un jugement. Simplement, un mot qui cache toute la complexité du vécu. Que suis-je donc allée faire ? Entendre la décision de justice pour Le soignant. Il me fallait être là. Je voulais entendre. Et j’ai eu envie de vomir.

Il a été condamné en 1er instance pour des attouchements sur un de ses enfants. J’ai appris qu’il avait été condamné précédemment pour des faits similaires et qu’il les avait reconnus. Je l’ai connu après cette condamnation.

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