Galeiliante
Galeiliante

La nociception, danger, douleur

Nous avons plus d’un sens, deux, trois, cinq. Il y a ceux que l’on connait moins voire pas du tout. La nociception en fait partie. Les sens ont des objectifs, en tant que sens interne, ce dernier active notre système d’alarme. En contact avec les récepteurs nerveux de la douleur, cutané, musculaire, articulaire, il y a une confluence d’information qui permet de faire sens au nociceptif. La réduire à notre sens de la douleur est une erreur. Si elle s’appuie entre autres sur le récepteur de la douleur, elle va bien au-delà. Je l’ai dit c’est notre système d’alarme. L’erreur est aussi, peut-être, ce que nous mettons dans douleur des projections finalement très personnelle.

Mais qu’en est-il d’un système nerveux soumis à une maltraitance quasi contente ? Comment le rapport a la douleur se construit ?

Je me suis habitué à la danse paternelle. A un moment, c’était quelques choses de si huilé, si chorégraphié que mon système d’alarme ne fonctionnait plus. Je dansais presque les coups reçus. Rebondir au mieux, laisser le corps aller mais pas trop. Tout n’était plus que le flux incessant des mouvements. Mais je ne le voyais plus venir. Tout était constamment un danger, je ne pouvais plus trier les données autour de moi.

Et puis ma douleur ? C’est mon rapport au corps le plus complexe. J’ai eu tellement mal que mon seuil d’acceptabilité est monté très haut. Mais a la fois, j’ai une hyper sensibilité à la douleur. Je suis à la fois, sur les douleurs habituelles qui ont la chronicité d’un coup, d’un corps trop abimé par son enfance dans une déconnexion. Je ne me connecte pas à ce que ça me fait pour tenir. Et a la fois, je ne la supporte pas. Elle m’abime, me rend irritable et je ne fais pas sens à ce qui se passe.

Mon système d’alarme est celui que j’ai étouffé, nié, couvert sous un chapeau de paille pour tenir.

En réalité, la douleur ne me quitte pas et surement qu’elle ne me quittera jamais. J’aurais toujours mal aux conséquences de cette enfance. On me dit de perdre du poids. Comme si le poids en moins était la solution. Déjà, quand j’en perd, j’ai bien plus mal. Mais en tant que tel, c’est nié la vital nécessité de mon poids.

Ma douleur est terrifiante. Alors, je vis avec. J’ai mal aux dents. J’ai mal au dos. Mais si je le dis « je me plaint tout le temps ». Je trouve ça si violent, injuste. Je n’ai pas « mal ». J’ai mal. J’ai une douleur intense, contente. J’ai un corps qui crie 20 ans de torture. J’ai peur de mourir en ayant encore mal. J’espère un soulagement de la douleur. Je prie pour cela. Mais ne plus avoir mal… c’est peut-être mourir ? Parce que mon corps ne connait que ça.

Articles similaires

Partagez ce billet

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur print
Partager sur email
Partager sur tumblr
Partager sur whatsapp

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

avril 2020
L M M J V S D
« Mar    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Articles récents

Catégories

Étiquettes

Archives

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Méta

%d blogueurs aiment cette page :