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Galeiliante
Galeiliante

Le cours élémentaire, première année, claquement de fouet

Ce texte est écrit par une personne présentant entre autre une dyslexique et dysorthographiques. La forte charge émotionnelle de cette écriture aggrave l’expression des troubles dys* de ce fait orthographe, grammaire et syntaxe sont affectées par l’exercice testimonial ici partagé.

Les enseignants ne sont pas violents. Ce fait est admis. N’est-ce pas ?
Et puis de toute façon, on ne frappe pas les enfants. C’est un fait plus ou moins admis dans mon enfance sauf si on l’a bien mérité. Car visiblement c’est un mérite, un quasi-éloge conduisant à l’amélioration de soi. N’est-ce pas ce que tente de vendre l’usage impropre du mot mérite comme justification d’un acte de violence ?

Quand j’étais en CE1, la violence par les coups était chez mon père très rare. Il me dominer par le corps et surtout par son poids. Il me dominait par le seul usage de sa sexualité perverse. C’était tellement brutal qu’il n’avait pas encore besoin d’outils en plus. La claque, la ceinture, le jeter de corps n’était pas encore là. Je n’avais pas assez fait grandir la rebelle en moi qui c’était pointé dès la maternelle. Bien que la révolutionnaire fût là, elle restait tapis dans l’ombre de moi-même.

Je suis arrivée en classe de CE1. Le vécu sépulcral présent dans mon foyer m’avait bien marqué silencieusement et fait comprendre que la survie est une stratégie marathonienne. Et j’étais face a un maître froid, sévère. Il avait une règle carrée en main. Je ne sais plus si était de bois ou de métal. Mais j’avoue les détesté depuis lors. Mon objectif était simple. Rester sous ses radars, disparaitre, devenir fantomatique et surtout ne pas déclencher son courroux. Du haut de mes 7 ou 8 ans, j’avais déjà fait mon entré dans ma mort-vivance.

Je l’avais vu faire sur d’autre très vite : la loi par la terreur.

Si notre discipline personnelle déviait de ses codes totalitaires complexes et insaisissable pour notre jeunesse, il nous tapé sur les doigts avec sa règle. Finir au coin ressemblait au paradis de la punition, aux délices sucrés de ce qu’on avait évité. Malgré tout, la mise au coin n’allait pas sans son petit lot de phrase impropre à la création de l’estime de soi.

J’ai eu une fois le droit à la règle sur le bout des doigts. Mon délié graphique n’avait pas été assez réussi, précis, joli ou que sais-je. J’avais écrit comme « un petit cochon ». Je me souviens de la douleur. La pulpe de doigts est comme groggy et elle pique en même temps. Est-elle transpercée d’un millier d’aiguilles invisible. Cela me fait vivre des sensations peu compatibles entre le flou de la perception de mes phalanges et le raz de marée de ses invisibles cil métallique qui semble habité mes extrémités. Est-ce encore mes doigts ? Sont-ils encore là ? Sont-ils en train de fuir dans une autre dimension ? Il semble toujours miens et si peu faisant partie de mon intégrité corporelle. La douleur est profondément pénétrante dans ma chair. Dans une perte perception, dans ce déséquilibre tactilo-kinesthésique, dans se morcellement de moi, j’en devenais maladroite. Je me souviens de la complexité à écrire à la suite de cela. Mais ce qui marque, c’est le cercle vicieux. L’écriture maladroite m’avait valu d’être tancé et impossible d’amélioré l’art calligraphique avec des pulpes ainsi désorientées. Et là, la fin de journée sonnant, je me suis retrouvé libéré.

Mes parents le trouver trop sévère mais pas au point de trouver inadmissible les gestes.

Cette violence est marquante. Elle a nourri la normalisation des actes douloureux. Forcement, si dans l’institution scolaire c’est acceptable, c’est qu’on a le droit de le faire point final.

Il ne me reste de cette année là que la terrible sensation de cette première pénétration et de cette peur pour le bout de mes doigts. Mon corps est morcelé dans deux sensations oppressantes.

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