IronAnne - chapô
IronAnne
IronAnne

« Deal ! »

Ce texte est écrit par une personne présentant entre autre une dyslexique et dysorthographiques. La forte charge émotionnelle de cette écriture aggrave l’expression des troubles dys* de ce fait orthographe, grammaire et syntaxe sont affectées par l’exercice testimonial ici partagé.

Je reste toujours surprise de l’atrocité qui a parcouru mon enfance. Je ne comprends pas comment j’y ai survécu. Je sais le réel de chaque moment, parce que j’ai dû faire avec la remonté des souvenirs, leurs clartés. Il n’empêche que je trouve ce coté digne des saga du XIIème très interpellant dans ce que la société est passé à côté.

Une fois que j’ai commencé à prendre la pilule, quelque chose a changé. Mon père s’est senti en plus grande sécurité. Il ne risquait plus rien niveau grossesse, avant ma fausse couche provoqué, ce risque de progéniture lui avait échappé. Comme si une part de la réalité de ce qui fait mon corps, mon existence était imperceptible pour lui. Pourtant, il surveillait mes cycles. C’est une époque où mes parents avait de gros problème d’argent. Mon arrière-grand-mère n’étant plus là pour leur donner de l’argent. Il s’est posé une vrai question de survie financière pour eux.

Je me souviens d’un soir où mes parents avait une violente dispute dans le salon au sujet de l’argent. On ne pas s’acheter des vêtements de luxe éternellement quand les moyens ne suivent pas. Et puis à un moment m’a mère a dit dans la colère qu’on avait que me vendre, moi l’autre pute, la perverse qui écrit que son père la viol, que le fils de sa nourrice la violé dans son journal intime depuis des années. Elle continuait donc à fouiller pour le lire ? C’est un paradoxe de la dissociation. Je suis consciente et inconsciente en même temps de la continuité de ma mémoire. En fonction de ce qui est en mouvement dans cette structure mental polymorphique, c’est présent comme une ombre ou comme l’éclat d’un cristal. On le sait sans le savoir et parfois on le sait en voulant l’ignorer. Il me reste un flottement dans cette dispute. Je ne peux l’approcher sans souffrir. De la rage de ma mère qui rencontre la provocation de mon père me qualifiant de perverse. Il me le disait souvent quand il me violait. Quelque chose s’est mis en branle. Un provocation ? Quelque chose dans les atomes crochu s’est scellé. Ma mère s’était alcoolisée de façon abusive ce soir-là, comme souvent quand elle ne travaillait pas le lendemain. Et de propos très provoquant de sa part, mon père s’est engouffré dans la brèche. Je ressens encore les traces qu’a laisser se moment en moi quand ils comment de parler du comment le faire. C’est comme si ma cage thoracique c’était déchiré au niveau du sternum et que mon être s’est fait dépecer. J’ai senti bout par bout mon corps partir en morceau, comme si un monstre les arrachait de sa patte griffu, comme s’il creuser en moi un gouffre où il ne laissait que la terreur. J’avais été réduit à beaucoup de chose dans cette famille mais a une chair vendable, jamais. Pourtant mon père m’avait déjà partagé avec sa maitresse quand nous vivions en Lorraine, ou l’amant de ma mère se montrais déplacé, sans passé à l’acte. Mais jamais ils n’avaient franchi le pas. Je trouve ça très ironique quand plus tard, j’ai appris que ma mère avait soupçonné mon père de m’avoir violé et l’avais dit à ma tante, sa sœur. Comme ne pas la méprisé. Bien évidement qu’elle a toujours su et qu’elle a toujours accepté l’état de fait.

Dans les semaines qui ont suivi, des hommes sont venu le mercredi après midi souvent et les dimanches. Je ne les connaissais pas. Cela à durer jusqu’à l’été qui a précédé le décès de mon père. J’ai un sentiment très désincarné sur ces moments. L’un faisait preuve de douceurs, l’autre de brutalité, l’autre plein de tendresse, l’autre débordé de vice. Ils ont été 4 à me laisser des traces. Il y en a qui sont juste passé, la passe faite leur souvenir restait diffus.

Le doux

Quand on n’a pas de choix, il est fou de voir à quoi on s’habitue avec quoi on fait « avec ». Le Doux était au bord d’un tact à en faire un coma hyperglycémique. Chaque geste était fait avec une tendresse, un tact à faire pâlir certains. Mais mes larmes, il n’en avait cure. Il mettait du lubrifiant. Il me demandait si ça allait. Il me disait que j’aimais le moment. Cela avait lieu dans le lit de mes parents. Il avait à peine 25 ans. C’était un blond. Il avait un nom, mais je n’avais pas le droit de le connaitre. Je devais lui dire « mon chéri ». Je me devais d’être lascive. C’était le deal qu’il avait passé avec mes parents. J’étais réduite à comblé des attentes. C’étais tordu. Comme ça pouvait l’être. J’aurais pu presque l’aimer pour traverser cela. Il avait peur de me faire mal mais en soit, il me faisait mal. Mes larmes n’étaient pas d’une douleur physique, il n’aurait pas pu vivre de me faire ma au corps. C’étais la brisure de n’être qu’une poupée utilisable.

Sa douceur avait ceci de douloureux que je prenais beaucoup de plaisir avec lui. Je ne voulais pas de cette sensation mais mon corps se voyait stimulé dans les plus habile jeux de langue, de doigts, de lubrification. La jouissance était intense et me dégoutais de moi. Je lui offrais une part de moi, je lui cédé quelque chose de cette profondeur. Le coté terrible du plaisir ce qu’il rend le moment confus. Je pouvais presque l’aimer, presque le désiré. La mécanique du plaisir en était presque d’une précision chirurgicale. Quand j’étais débordé par mon propre plaisir, ma ceinture scapulaire s’ouvrait, offrait ma poitrine a celui-ci. Je prenais appuis sur la scapula sur le matelas, une tension s’installer dans mes cuisse, mon souffle m’échappais. Et j’aimais ce plaisir, il n’y avait que lui à ce moment-là. Sauf qu’il était tout de suite sale. J’ai mis des années à comprendre la différence entre plaisir et consentement, système mécanique, survis psychique qui vient jouer un jeux dans une équation redoutable pour ne pas mourir sur le coup de l’horreur du moment.

Le brut

Avec lui, il y avait de la brutalité. Il y avait de la violence. Je prenais des gifles, des fessées, sa mains autour de coup. Avez lui j’avais mal. Il n’en avait rien à foutre de que j’ai envie où pas. Il avait besoin d’éclate sa puissance, sa force, sa domination. Il avait besoin de me montrer qui il était. Il avait besoin de sa bestialité.

J’avais terriblement honte jusqu’à encore récemment, jusqu’à ce qu’un proche me parle de la question du plaisir biologique. Je prenais un plaisir dans cette souffrance. Peut-être pour la traverser. Mais ce plaisir m’a rendu coupable. J’aimais comment il me maltraité. Comme il me retournait, ne me laissé aucun choix, comme il bloquait mes mains. Avec le lui j’avais envie de jouir. Pourtant, je n’avais pas envie de ce moment. Je n’avais jamais consenti à rien. Mais c’était comme ça que je traversais l’enfer. Il aurait pu me faire plus mal, m’attacher. J’aurais supplié d’arrêter comme je le faisais mais cette partie de moi, là tout au fond, elle aimait cette souffrance. Et puis, c’était là que je vivais : en souffrance, dans ces terres arides ou tout brule, tout pique, tout écorche. Mais, je ne faisais que m’accrocher a la sensation de douleur. Je n’allais pas vers lui. Ce n’étais pas lui. J’étais l’instrument d’opportunité pour lui et il était le mien. Mais j’avais terriblement honte car je ne voulais pas de ce sexe, de sa main qui serrait ma mâchoire, des coups, des humiliation. J’aimais ça. Et je me haïssais.

Le tendre

Avec lui, c’étais simple. J’étais couchée, nue. Nous étions en chien de fusille. Il se jouait une scène terriblement fantasmatique, digne d’un film. Il était vieux, ces cheveux poivre-sel. Il me prenait dans ses bras. Il se faisait de ce moment un monde unique, a lui, ou il me mentait pour faire un nous. Il était moelleux mais vieux. Il avec une odeur âcre. Il sentait le vieux. Il ne faisait que des va-et-vient entre mes fesses. Il me disait qu’il allait me sauver. Me sauver de quoi ? De lui ? De ma vie ? De ce système qu’il financé.

C’est hallucinant, il donnait tout ce que j’aurais pu rêver. Mais il n’était pas la bonne personne, ce n’étais pas consenti, ce n’était pas voulu de ma part. J’étais sa petite fille adoré. Il m’appelait Jeanne. Je m’appelle Anne. Je n’étais que le substitue à sa petite fille. J’espère qu’il ne l’a jamais violé et qu’il n’y a que moi qui suit passer dans ses mise en acte. J’étais une coquille vide qu’il a remplis de son histoire pour gérer.

Le vicieux

Il ne venait qu’une fois par mois. Mais purée, je le détestais.  Il adorait me lécher, partout. Sa langue sur mon corps. Je me sentais sale, gluante, poisseuse. Il fallait que je lui fasse pipi dessus. On allait dans la salle de bain. Il aimait m’enculer. Je devais me mettre à quatre pattes.

Je me sentais inhumaine, déshumanisé. Je me sentais comme une poupée désarticulé. Je prenais toujours de longue douche après lui. Rien ne pouvait me rendre propre après qu’il touche mon corps. Mon père apprécié de venir après lui me rendre visite dans la salle de bain. J’étais dans un ailleurs qui l’existait.

Les autres

C’était du sexe banal.Mais pour tous sauf pour la brute, je partais loin. Je devais une marionnettes de ce qu’eux voulait. Et il ne me faillait pas exister avec la mature.

Mes parents étaient là, parfois les deux, parfois l’un ou l’autre. Il mettait la musique assez fort dans le salon pour ne pas entendre. Quand le client arrivait, il s’échangeait les tunes. Je ne sais pas combien je leur ai rapporté.  Je devais rentable… moi qui leur coutais si cher. Le deal était que tous mettent un préservatif. Mon père était le seul privilégié à profité de mon corps sans une protection.

Parfois, je sens encore les lèvres du tendre dans me cou se déposé tel un nuage. Je ressens encore la mains du brut qui percute mon corps et le frétillement honteux qui en douce. Je sens encore le doux que j’aurais voulu pouvoir aimer. Ils m’habitent encore, au fond. Comme s’ils avaient laissé quelque chose d’eux.

J’avais envie de mourir à cette époque et ce désir reste là. J’était une automate du quotidien. J’étais en échec scolaire. Parce qu’entre toutes ces après-midi, mon père était devenu violent, plus qu’avant. Il me reprocher de devoir me partager et que c’était ma faute. C’est fou ce qu’on peut être fautive de quelque chose dont l’autre est responsable. Il a fini par arrêter bien que leur besoin en argent était encore là. Ça le rendait fou de me partager et il sentait aussi que je pouvais lui échapper, m’échapper.

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