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Écrire, le silence, lecteurs: paradoxe et peurs

Ce texte est écrit par une personne présentant entre autre une dyslexique et dysorthographiques. La forte charge émotionnelle de cette écriture aggrave l’expression des troubles dys* de ce fait orthographe, grammaire et syntaxe sont affectées par l’exercice testimonial ici partagé.

J’aborde un sujet qui m’est difficile et qui prend de la place dans mon silence. Je sais pourquoi j’écris. Il y a deux raisons principales.

La première est très personnelle. Je conceptualise la maladie mental comme une maladie. C’est peut-être enfoncer une porte ouverte mais pour moi l’idée de maladie porte la question de la guérison. Cette approche soutient ainsi des éléments symbolique profond. Le corps a un système immunitaire et le psychisme aussi. J’ai besoin de le vivre comme cela. Et écrire soutiens mes défenses immunitaire psychique. Ecrire me permet de drainer ces douleurs psychique, de renfoncer ces lymphocyte de la pensée. Bref, j’ai besoin d’écrire pour mettre hors de moi ce qui est contaminant. Je me souviens avoir entendu Muriel Salmona dire qu’on constate que les victimes de violences sexuelles ont des pensée de l’agresseur. Et que cela est complexe à vivre pour la victime. Je le sais, je le vis. Toutefois mon travail de fin d’étude dans mon bachelier en psychomotricité m’a aidé. Il traite du complexe sujet du transfert (oui je vous envoie sur Wikipédia…). J’ai le sentiment que mes agresseurs ont produit une contagion transférentiel. Ils sont là, en petit bout en moi, tel des virus. Et je traite l’assainissement de ces empreintes par l’écriture et tout un tas d’autre chose dont principalement ma thérapie, et d’autre éléments que j’ai mis en place. Je sais qu’une partie de cette façon de penser est lié au dessin animé « Il était une fois la vie ». Les virus et Bactéries y étaient représenté avec des variation des même personnage et un caractère identique. C’est exactement ce que je projette sur le plan psy. Je vois les petit morceau des gens qui m’on agressé comme ces petits personnage qui tourne de leur penser dans ma tête et mes processus thérapeutique comme des macrophage permettant de les partir. Bref, écrire vient jouer un rôle parmi d’autre. C’est donc un axe très personnel.

Il y a le deuxième, j’écris de façon non-dépolie. Cela soutient un processus militant. Pour moi, une des raisons qui fait que ces crimes sont si mal pris en charge par la société du coté responsabilité collective, regarder sans voir, minimisant… C’est parce que les gens sont soit dans le fantasme pornographique, et je vous assure que les mots clefs sur l’inceste propose bien trop de vidéo pour ne pas questionner ce qui se joue. Mais aussi parce que « ce n’est pas si grave » émerge aussi par une non-rencontre de ce qui se joue. Ça fait quoi une remonté traumatique ? Ça fait quoi d’aller se faire soigner avec ce vécu ? Ça fait quoi quand ça prend toute la place certains jour ? Ecrire avec cette dynamique de psychomotricienne, détailler la sensorialité, les éléments ressentis est ma façon de certes le sortir mais de confronter le lecteur à ce qui se joue corporellement encore des années après chez une victime.

Et on arrive à ce qui se joue maintenant dans mon silence, mes hésitation à écrire. Il est important d’avoir en tête que y a ce paradoxe de l’intime exposé dont j’ai conscience depuis le début. Je suis en train d’écrire sur un quotidien qui réveille des choses. Je suis en train d’écrire sur des éléments passé. Mais j’écris sur mon vivant et donc… comment ma lecture n’est pas prise par mes proches comme une instrumentalisation ? Je ne leur en parle pas. Une part de moi écris surement pour adresse ce que je ne sais pas dire, c’est un processus inconscient que je ne peux pas nier et que je n’ai jamais nié. Majoritairement, je me dis « j’écris parce que j’ai besoin et voilà, les gens qui m’aiment, me connaissent, peuvent venir m’en parler ». Mais petit a petit, des fragilités sont remonté, et je m’interdis beaucoup d’écrire alors que j’ai besoin. J’aurais pu suivre le conseil de Ar, et refaire un blog.

J’écris, je suis lu par des gens qui me sont proches. Et je vis cet interdit de dire pour ne pas blesser leur propre histoire. Je prends soin d’eux et je m’oublie dans le processus. Ou j’écris et je suis soulagée et plusieurs jours après ce « et si l’autre se croit instrumentalisé ? s’il croit que je m’adresse à lui alors que je m’adresse à moi ». Je sais que c’est un paradoxe normal a ce processus. Mais il prend la place d’un gros interdit qui ne me fait pas du bien. Car je me refuse à écrire ailleurs, cachée. Je suis consciente que c’est là, et je dois vivre avec. Et affronter les risques et peur qui vont avec. J’ai encore mal à l’autre et cela prendra du temps à ne plus être vécu ainsi. J’écris pour moi, si tu m’aime et que tu le prends pour toi, ne lit plus. Ce n’est qu’un infime bout de ce que je vis avec chacun des gens qui me sont proche. Je devrais négocier encore longtemps avec cette idée que l’autre pourrait se sentir manipuler par moi, peu importe la nature de mes intentions.

Je ne sais pas quoi faire.

Et puis l’autre, un jour, il ne me supporte plus avec cette partie de moi.

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