Silence, j'ai peur du noir

TW viols, violences, inceste, violences obstétricales, emprise et plus…trop…
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Galeiliante
Galeiliante

#Inktober Freeze

En octobre, il
y a InkTober.
Le principe est un dessin par jours dans la thématique. J’ai vu sur groupe dédié
aux écrivaines, autrices en herbe tenue par la
propriétaire d’une maison
d’édition canadienne,  l’idée de faire un InkTober
de l’écriture en version francophone. J’ai donc
décidé de le faire sur mon blog à l’encre virtuel. J’en ai parlé sur mon profil
personnel et mon amie, ma sœur de cœur Tayiam a choisi de le faire elle aussi
son blog Mémoire
Filante.

Le mot du jour d’Inktober est Freeze en anglais. Je choisi de rebondir sur la version originale car il m’évoque beaucoup plus que le verbe Geler. Dans un jeu de rôle grandeur nature aux quel je participe parfois en bénévole, parfois en joueuse, il y a des gens qui parle français, néerlandais, anglais. Les annonces de sort sont toute en anglais pour régler la compréhension quelque soit la langue des personnes qui joue. Une des annonces est « Freeze ». Et celle ou celui qui reçoit cette annonce ne bouge plus pendant un petit temps. Et c’est de ce moment de figement que j’ai envie de parler qui me fait écho ce soir.

Ne plus pouvoir bouger, être figer sur place, c’est quelque chose qui m’est arrivée. On parle souvent des mécanisme fuite/agression en occultant le volet de la sidération. Eh bien moi, j’ai vécu figé de terreur, en pleine sidération trop de fois dans ma vie. J’étais en danger et impossible de fuir, d’attaquer. Ces deux réactions m’auraient faite tuée. Et si j’ai eu mille fois envie de mourir, la pulsion de vie a toujours pris le dessus. Alors, mon corps en collaboration avec ma psyché a trouvé une solution : le non-mouvement.

La sidération est un mécanisme normal et courant dans les viols. Cela sert de prétexte aux violeurs pour appuyer sur le dicton « qui ne dit mot, consent » dans leur défense. Mais non, qui ne dit mots n’est plus là. Et l’absence a soit même est un non-consentement puisqu’il n’y a plus la capacité à agir, décider. Pour survivre aux flux sensoriels agressant, aux stress physiologiques subit par le corps, à la violence du viol, le corps se met en pause, court-circuite. La sidération se retrouve chez certains animaux. On peu la lire dans une perspective phylogénique. Mais peu importe l’axe. Elle est là.

Et dans ce freeze, on s’absente de soi-même. Ce n’est pas un temps simple. Mais ce mécanisme est normal et de survit. S’il peut être dur à vivre, observer, conscientiser pour les victimes, il est primordial selon moi d’en rencontrer la nature protectrice. J’ai mis de très longues années à regarder cette sidération sous cet angle. Le stress vécu durant l’agression déclenche tout une série de réaction hormonal qui sature notre amygdale dans le cerveau. Et cela peut se reproduire dans un temps où l’on tente d’expliquer l’agression. Dans ce trop de flux, l’amygdale identifie un risque physiologique réel (le risque de mourir sous l’effet de la saturation hormonal). J’incite ce risque est une réalité physiologique. C’est du trop pour le cœur par exemple. Afin de nous protéger, on freeze. Physiologiquement, on est plus capable d’analyser ce qui se passe.  Et là, on est dans cet ailleurs, le monde en devient irréel, lointain. Si vous avait lu beaucoup dans les courants spirituels les sorties extra corporel, dans la sidération psychique, on subit quelque chose de cet ordre. Et cela n’a rien de planant. On quitte psychiquement notre corps pour survivre. Il y a décorporalisation.

J’ai volé avec des oiseaux, je me suis crue sur des bateaux, dans des contes de fée, devenir un arbre, une fleur, devenir le vent. J’ai voyagé loin de moi. Mais cela n’a rien d’un doux voyage. Car il reste une toute petite partie de moi dans un arrière-fond lointain qui savait l’horreur du réel. Il est temps que les gens comprennent le mécanisme ainsi que la dimension de revisite du trauma via une odeur, un son, une stimulation sensorielle complexe. Et cela relance la sidération, la dissociation. On revient à ce qui est rester coincé dans notre amygdale. Oui, c’est coincé dedans, parfois longtemps. Je sais qu’il y a toujours des choses coincés dedans chez moi. Et j’en ai très peur.

Quand il m’arrive encore aujourd’hui d’avoir des remonté traumatique, de revivre ce freeze. Il peut advenir que je finisse par être spectatrice du mécanisme comme si je me voyais en double couche. Moi ailleurs et, moi qui observe de façon méta le processus en cours de réalisation. J’en ai pris conscience dans l’écriture de rapport pour mes cours. J’ai aussi découvert qu’à avoir « trop » éprouvé la dissociation traumatique, je sais moduler le mécanisme de façon préconsciente quand y a du trop pour rester au cœur de ce que je fais sans partir dans mon histoire. Essayer de faire une force, un outil de cette enfance est un défi que je me suis lancé.

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