IronAnne - chapô
IronAnne
IronAnne

Je vais bien

Ce texte est écrit par une personne présentant entre autre une dyslexique et dysorthographiques. La forte charge émotionnelle de cette écriture aggrave l’expression des troubles dys* de ce fait orthographe, grammaire et syntaxe sont affectées par l’exercice testimonial ici partagé.

Il y a textes plus émouvant à écrire que d’autres mais dont la nécessité en est proportionnellement impérieuse.

Aujourd’hui, je vous dévoile quelque chose que je vis encore dans une grande intimité. A l’heure actuel, les gens à qui j’en ai parlé ne sont pas nombreux : mon psy, un ami et une amie. Ces trois personnes ont joué un rôle, à leur façon, pour me faire rencontrer cela et ont soutenu mon chemin ces derniers 18 mois.  

Il s’agit donc ici d’une façon de le dire au monde, de l’affirmer dans tout ce qu’il y a de beau. C’est aussi, probablement, l’occasion pour moi de l’envoyer voyager vers mes proches qui sont là et qui ont choisi de lire ces mots et surtout qui fait une démarche volontaire de rencontrer cette part de moi, de mon histoire, de ce qui fait ma complétude avec tout le reste qui parfois n’est que là dans les volutes de l’implicite.

Je l’avais déjà dit verbalement à une de ses trois personnes, au-delà de l’espace très protégé de la thérapie, et en lui écrivant ce mercredi 12 mai, dans la matinée, j’ai été prise d’une émotion forte car j’ai osé le poser de façon indélébile. L’écrire dans un échange, c’est le gravé dans la mémoire de l’archive de nos conversations. Et notre voyage mutuel dans le « reciter » quelque chose qui peut être vieux de plusieurs mois. On est très loin de l’évaporation des notes et oscillation qui arrive au détour d’un dialogue dans une voiture sur un trajet qui dur un peu, mais pas trop. Il n’y a pas moyen de faire « comme si » ce n’avait pas été posé.  Et j’en ai rencontré toute la profondeur, après en avoir rencontré toute la joie que cela m’amener à vivre.

Fin d’année 2020, un ami a pointé à quel point j’ai changé durant cette dernière année. Cette discussion est déjà loin… on a dépassé les un an et on touche au 18 mois. A ce moment-là, je ne pouvais ni entendre, ni saisir les choses qu’il a mis en lumière. Aujourd’hui, j’en viens à saisir qu’il avait sûrement un temps d’avance sur moi-même voyant là où je me constate maintenant, où je m’accueille avec un amour inconditionnel. L’autre à toujours plus facile à voir, car il s’inscrit dans une position d’observation qui est forcément à distance. Faire soi le travail de décentrage, il me semble ici est passé par une certaines prise de distance pour observer ce moment déjà passé dans le présent et la réalité de ce que cet ami a perçu, qu’il a vu éclore. Car il a été un témoin de ce processus, avec d’autre certes, mais il l’a vu au travail. C’était fin 2020, ce moment-là, où il me l’a renvoyé en pleine figure son constat, moi grognant comme souvent quand il amène des choses juste, c’était dans un contexte chargé. Il a eu lieu peu après mon hospitalisation, (qui m’avait refait vivre des situations d’étouffement et la peur de mourir par manque d’air), des examens postposé en deuxième session, la renonciation à présenter mon travail de fin d’étude en première session. Je me vivais dans un grand sentiment d’échouer, débordé par un vécu du côté de l’injustice avec de foutu covid qui m’avait ainsi imposé dans la mise en convalescence.  Je me suis dit qu’il s’illusionnait. C’était tellement plus facile de me dire ça. N’est-ce pas ? Un espace de confort : l’autre à tort.

Parfois, on ne voit pas la ligne que l’on franchit parce qu’elle n’est pas ce trait sans équivoque gravé sur le sol de son propre chemin, fait d’un palier, d’une arrivée, d’une fin de course sans contestation possible. Et je suis de ce genre de personne qui aime les étapes clair, parce qu’elles m’ont sauvées. Là, il me fallait encore faire des pas pour voir ce qui s’est ancré (et encré) en moi. Qui s’est installé de façon bien plus pérenne que je ne l’aurais jamais cru. Car, oui, j’en ai douté. Je l’espérais comme un paradis inaccessible…. Un possible tellement hypothétique, interdit presque. J’ai vu que le Mordor n’était plus la terre que j’arpentais mais la conté, terre fertile et pétillante parce que le paysage a évolué progressivement. Alors…

Je vais bien. La vie est belle. Ma santé mental est bonne. Et je suis heureuse.

Je ne vous vends pas un mantra. Non ! C’est simplement devenu ma base de fond, mon arrière-plan, ma zone de stabilité tant psychique que corporel. Et oui, il y a toujours de la mémoire traumatique. Il y a toujours de images qui prennent le dessus. Il y a toujours des sensations qui se réveillent à des instants sans prévenir. Il y a toujours des temps du quotidien où je dois faire avec cette sensorialité complexe. Il y a toujours des jours difficile. Il y a toujours des larmes, des down, même des effondrements qui arrivent sans prévenir. Mais, je vais bien.

Il y a ce magnifique arrière-plan toujours présent et qui ne s’étiole pas. Un arrière plan qui s’étaie tissé avec l’amour de mon grand-père et de mon arrière grand-mère. Et je m’aime. Je suis aimée. Et je peux vivre ces constats sans me sentir éventrée. Il y a quelques mois d’ailleurs, un lundi matin, j’avançais dans le couloir qui conduit à ma salle, celle où je bosse. Je retournais vers la sortie. Là, seule dans cet espace qui à pris une grande dimension symbolique, j’ai senti toute la continuité, tout ce suffisamment continue, tout le lien qu’il y avait avec les gens que j’aime, qui m’aime. Je les sentais présent à moi en étant seule. Quelque chose qui dur, qui se vit en dehors de leur présence. Quelque chose qui n’avait pas pu s’étayer pour moi dans l’enfance car l’absence des gens qui m’aime était toujours les temps de danger.  C’était un beau moment, car il raconte ce chemin que je ne me voyais pas arpenter mais sur lequel j’avançais.

Alors oui, il y a toujours des choses pas facile. Mais il  y a tout ce qui a pu bouger et ses fondations qui se sont installer, mes racines qui sont devenu solide. Aujourd’hui, je peux vivre des tensions relationnelles, sans vivre la perte infini, même si cela reste une chose qui vient prendre de la place dans mes pensée. Je peux traverser ces temps et voir qu’il y a un après. Je me suis retrouvais la semaine précédente a ce beau mercredi dont je vous parle ici,  dans une situation où la colère était mutuelle dans une relation qui compte pour moi. Je n’ai pas pris ce vieux réflexe de croire que c’était fini (pourtant j’avais affirmé la veille que je démissionnais du lien, à ma façon – j’ai dis… ca reste présent, c’est quand même un mecanime vieux de 30 ans, il a besoin de temps pour se faire tout petit). L’autre, en face, me connait et on est entré dans nos émotions respectives. La colère était grande. Mais, ça n’a pas été la fin, au contraire, c’était un moment. Juste un moment. Et un moment pour avancer dans la relation aussi. Et la relation est toujours là. Elle a en surement même grandit.

J’ai encore des milliers de pas à faire. Mais, je ne voyais l’espoir que comme un concept. Le bout du tunnel, la lumière, je ne les voyais pas. Mais c’est parce que je suis en pleine lumière. Les troubles dissociatif d’origine traumatiques, je le sais, j’ai encore un chemin à faire dans le traitement de ce qu’ils me conduisent à vivre. J’ai encore des peurs qui me débordent. Mais ce beau de la guérison qui a eu lieu en moi fait que ces moments prennent plus rapidement leur juste place. Je suis guéri, pas des conséquences mais de l’absence d’espoir dans le noir. Je suis guéri de ma peur que jamais, je n’irais mieux. Parce qu’en vrai, même dans les mauvaises journées, le soir, je m’endors heureuse.

Oui, mon travail de fin d’étude a été un marqueur. Il m’a obligé à traverser, en parallèle du processus d’écriture, plein d’aspects, de traces, d’émotions de mon histoire. Je n’ai même pas vu le constat sur l’instant : je ne me suis pas brisé. J’ai tenu, non pas dans l’affrontement mais dans la continuité, certes déstabilisé mais avec cet espace stable qui a grandi en moi et qui est devenue solide. J’ai aussi vu que je n’étais pas seule, loin de là. Apres ce travail d’écriture, je suis allée en formation ACR (Analyse Corporelle de la Relation) et j’y ai exploré des aspects que je ne me pensais pas capable de vivre. Moi ? Je peux jouer avec ces aspects de moi ? Je peux y aller sans avoir peur et en sécurité ? Wahou ! Et puis… il y a eu cette ancienne amie qui m’a dit, à sa façon que je me lovais dans ma cape de la vaillante victime. Et au lieu d’exploser en plein vol, elle qui ne savait pas mon chemin. Elle qui ne s’est pas intéressée à la réalité de qui je suis, de qui j’étais avant d’ailleurs, j’ai vécu quelque chose de fort :  j’ai rencontré ma limite. J’ai rencontré que j’en avais soupé de ce genre de gens. Elle a besoin de me voir en victime et je ne suis plus là. Je ne veux plus de ses relations où la projection qu’on se fait de l’autre prend toute la place sur ce qu’est l’autre. Et qui empêche d’être, de vivre, de se déployer.

J’ai rencontré, encore, grâce à mon TFE, des mises à l’épreuve. Celle qui aurait dû m’amener à la colère mon conduit à me vivre dans une stabilité même dans ce qu’il peut y avoir d’instable alors qu’il est rendu.

J’aimerais vous faire sentir la joie profonde que je vis. Le bonheur que cela représente. L’émotion profonde que j’éprouve. Je voudrais vous amener à ses sensation où même dans cette colère, je trouve le sourire. Et même quand je sens la mains de mon père qui traverse mon corps, je sais qu’il y a la tendresse de ceux qui m’aiment qui est venue donner d’autres couleurs aux sensations. Je peux m’y connecter et ce que mon père à laisser prend moins de place. Je peux aujourd’hui dire « La journée de boulot m’a beaucoup remuée, j’ai besoin que tu viennes me chercher ». Je peux appeler mon amie pour lui dire « là, c’est dur », pleurer et finir par rire.  Je n’ai plus besoin de fuir les sensations, je leur donne une place qui n’est plus le devant de la scène car je suis moi au centre, dans la lumière de ma propre histoire. Je suis l’actrice principale de ma vie.

Alors oui, il y a des gens qui ont pris une belle place dans les soutiens de ma résilience. Mais ils ne l’ont pas porté. Ils voyagent à mes côtés mais c’est moi qui me porte. C’est moi qui fait le chemin. C’est moi ! Je suis l’actrice de ma propre vie. Mon père, le fils de ma nourrice, mon ex, le soignant, la pas-reine, ces gens qui ont cherché à me briser, n’ont plus le devant de la scène.

Je sais que ma vie est belle, pas parce que d’autres me le disent. C’est parce que je le sais dans mon corps. Et je sens aussi des choses qui bouge sur mon poids…. Un corps qui n’a plus besoin de croire que le camouflage change ma beauté. Je me trouve belle. Et je voyage avec mon corps, enfin comme un tout, plus mis à distance. Je rencontre la souplesse, les possibles de mes muscles, articulations.

Je l’ai déjà évoqué, la musique est un pilier de ma résilience. Elle m’a aidé a traversé bien des zones obscures. Et puis, il y a ces chansons que d’autre vous offrent pour mille et une raisons. Les paroles qui suivent m’ont été pointé. Je l’avais déjà évoqué dans une publication sur ma page.

“But there’s a hope that’s waiting for you in the dark
You should know you’re beautiful just the way you are
And you don’t have to change a thing
The world could change its heart
No scars to your beautiful
We’re stars and we’re beautiful”

“Oh, she don’t see, the light that’s shining
Deeper than the eyes can find it
Maybe we have made her blind
So she tries to cover up her pain
And cut her woes away”

Scars to your beautifull

Ces mot ont résonné en moi le jour où ils m’ont été envoyé. Il raconte comment cette personne me voit. Mais ils résonnent peut-être bien plus là, où justement, cet ami me voit et où je me rencontre maintenant. Je peux laisser résonner ce qu’il a voulu me dire. Il me faut encore du temps ! Mais c’est ok que j’ai besoin de ce temps.

Je vais continuer ce blog, cette exploration, cette écriture, peut-être en apportant des réflexions aussi plus élargie, ne cachant pas mon besoin de voyager dans la théorie.

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