Galeiliante
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La déclaration des droits de l’enfant

Aujourd’hui, je parlé de l’ironie de certain moment de ma vie avec une amie. Le jour de la marche blanche, mon père m’a donné un dossier avec le doux titre Déclaration des droits de l’enfant. Il m’a renvoyé à la chance que j’avais de vivre dans ma famille. La marche blanche, j’ai dû le vérifier, a eu lieu l’année de mes 15 ans. C’est la zone temporelle de la grossesse.

Je l’ai longtemps laisser trainer ce dossier relié avec une feuille cartonné violette en fond et une couverture plastifiée dans ma chambre. Franchement, il l’avait dit, j’avais de la chance. Cette provocation est à l’image de la toute puissance paternelle. Il agissait en tout impunité. Rien ne lui faisait peur. Comment pouvais-je rencontrer ce qui était anormal ? Il me le prouvait, le monde me le prouvait tout autant. Je n’avais pas de quoi me plaindre, sinon toute mes tentatives de hurler à l’aide aurait abouti. Et vu que tout le monde s’en foutais. C’était bien la preuve d’une logique mathématique imparable. Ce que je vivais était normal.

Je n’ai rien su de ce qui était derrière la marche blanche à cette époque. Je me souviens que je suis entrée dans le salon, il ne m’avait pas entendu arriver. J’ai vu une marée humaine à l’écran. Il a coupé la télévision. Il s’est levé. Il était encore en caleçon. Il est allé vers son attaché-case et il ma donner ce texte qui était dedans. Depuis combien de temps m’attendait-il ? Il m’a ensuite renvoyé dans ma chambre dans autre espace de parole. Je ne sais pas ce qui a été dit aux JTs de l’époque sur Dutroux. J’étais cloisonnée dans une non information. Et en cours personne n’en a parlé. Pourquoi les enseignants n’ont pas entamé un travail de parole ?

Évidement que cet isolement médiatique était fait à dessin. Il ne voulait pas que je sache, que je nomme, que je fasse sens, que j’ai enfin les bons mots.

J’ai méprisé ce texte. Il trainait. Je ne voyais pas l’intérêt de le lire.

Puis un jour, dans l’ennuie, j’ai lu. Voici les 10 principe du texte tel que le propose l’Unicef pour résumer :

  1. Le droit à l’égalité, sans distinction de race, de religion ou de nationalité.
  2. Le droit à une attention particulière pour son développement physique, mental et social.
  3. Le droit à un nom et à une nationalité.
  4. Le droit à une alimentation, à un logement et à des soins médicaux appropriés.
  5. Le droit à une éducation et à des soins spéciaux quand il est handicapé mentalement ou physiquement.
  6. Le droit à la compréhension et à l’amour des parents et de la Société.
  7. Le droit à l’éducation gratuite et aux activités récréatives.
  8. Le droit aux secours prioritaires en toutes circonstances.
  9. Le droit à une protection contre toute forme de cruauté, de négligence et d’exploitation.
  10. Le droit à la formation dans un esprit de solidarité, de compréhension, d’amitié et de justice entre les peuples.

Le message que j’ai compris à cette époque, ce n’est pas que j’étais maltraité. Mais bien au contraire, que j’en était très loin. Peu importait ce que je croyais. J’avais de la chance : ni cruautés, ni négligence… Mon père m’aimait. J’avais de quoi manger, un nom, ma mère était infirmière, comment croire à ma mauvaise santé. Et vu que j’avais le droit au secours prioritaire… et qu’hurlant, personne ne venait chez moi. C’était bien la preuve que je n’étais pas en danger. Et puis l’interdit de l’intimité, c’était pour surveiller que tout allait bien.

Voilà un tout petit exemple, si chargé. Mon père n’avait peur de rien et surtout pas de moi.

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