Galeiliante
Galeiliante

La 1ère sodomie

Je me souviens avec clarté de la 1ère sodomie. J’ai mis du temps à rencontrer ce souvenir. Il est resté longtemps hors de portée alors que j’ai pu m’unifier avec d’autres souvenir dur plus facilement. La dissociation traumatique à des buts de survie. J’arrive à contacter se souvenir avec une angoisse élevée. Avant c’était juste changer de personnalité, une émotion pure au contrôle.

À cette époque, je suis réglée depuis quelques temps. Je crois qu’aucun mot n’exprime la violence de ce moment, ni des suivants. Il me semble que le flash d’une explosion atomique, son souffle après sont encore faible dans ce que j’ai vécu en moi.

C’est un souvenir éprouvant, celui réveil des sensations que je n’ai pas envie de revivre et aussi la déconnection corps/ressenti quand la surcharge est là. Cette journée n’a pas de sens pour moi. Elle n’existe pas vraiment. Elle est hors de moi. Elle s’est échappée de ma vie. De ce jour, il ne reste que la fracture qui lézarde mon intégrité psychocorporelle. Je ne sais pas ce que j’ai fait avant. Il y a eu tant une explosion qu’une implosion avec un effet de souffle. C’est animal.

Je suis à quatre pates dans le lit, juste au bord. Je suis juste en t-shirt. Je crois que je vais être punie. Je m’attends à des coups de ceinture en cours. Il y a une bassine rouge avec un gant de toilette à ma droite. Ma vision est floue, je n’arrive pas à faire le point. J’attends ainsi. Le temps s’étend. Chaque pulsation de mon cœur m’est perceptible, ressenti. C’est un tambour du bronx dans mon corps. J’ai l’impression de mourir de peur. Je suis bien au-delà de la peur. Je ne comprends pas ce que j’ai fait cette fois. Qu’est-ce qu’il se passe ? J’ai des tremblements de peur qui prennent le contrôle de mes jambes. Je me retiens de faire pipi. Il est derrière moi.

Je ferme les yeux. Je sens du mouvement.

Je sens quelques choses entre mes jambes, un tissu, un peu rêche. Je penche ma tête vers mon entre jambe. Il a mis un drap de bain plié entre mes deux cannes. Je redresse ma tête et regarde le mur. Je ne comprends pas. Je suis fixé sur le papier peint mais je ne me souviens plus de sa couleur. Elle est sombre. C’est l’incompréhension. Il sort d’où ce drap de bain ? Je me sens vide de toute pensée.

Je tressaille. C’est froid. Mes muscles se resserrent sur mon coccyx. C’est de là que vient la sensation. Le sens du toucher se fait complexe. Il y a tellement de surcharge en moi que mon cerveau à visiblement du mal à faire du tri. Retour au corps, d’un coup. Je sens qu’il nettoie précautionneusement mon cul. Il met toute la précision dont il est capable dans le lavage de mon anus. J’ai l’impression de passer au microscope. C’est minutieux. En même temps qu’il fait ça, je pisse. Il me dit « ce n’est pas grave ». Je suis éberlué. Hein ? quoi ? Ce n’est pas possible. Que ce passe-t-il. Pourquoi ne me défonce-t-il pas ? Il trempe le gant de toilette dans la bassine rouge. J’entends l’eau, le bruit si spécifique. Vous savez, je l’ai toujours, cette bassine. Il essor le gant de toilette. Ah, oui c’est avec ça qu’il me nettoie. Je n’y avais même pas songé. J’entend les goutes. Mes sens sont surchargés. Mon cœur fait bang, bang. Il percute mon sternum, mon péricarde. C’est une impulsion vibratoire qui raisonne dans tout mon corps. Bang ! Bang ! Ça tonne en moi. Ma respiration est sur le fil de l’asphyxie. L’urine a coulé sans que je puisse contrôler quoi que ce soit. Il revient à mon corps ce gant de toilette humide et froid. Il lave mon sexe. Il le nettoie avec gentillesse. J’ai un mouvement vers l’avant, comme si j’allais bondir vers le mur. « Chut-Chut, laisse-toi faire ». Son autre main appuie sur mon sacrum pour me faire me repositionner. Ne me touchait pas là, c’est un conseil de survit. Je suis ramené vers l’arrière. Il ouvre quelque chose. Je ne sais pas quoi. C’est froid. Il le dépose sur mon anus. C’est liquide, visqueux. Je ne sais pas ce que c’est. Enfin, si… aujourd’hui, je sais. du lubrifiant. Il en introduit dans mon anus. C’est aussi brusque qu’un suppositoire. Je crois que c’est son doigt. Il tapisse mon anus externe et interne, peu trop profondément. Il répète « Chut-chhhhhhhut, laisse-toi faire ». Je suis crispé de partout. Mon plancher pelvien s’invite à moi comme jamais. Tout les muscles de mon être me semblent présent à moi. J’irradie de trop de présence à moi, en moi. C’est un choc électrique qui part de cette zone que je ne connais pas tellement. Un trou du cul, on n’y fait pas attention.

Je sers mon sphincter d’angoisse. Je sers en fait tout. Il répète avec une voix des plus rassurante de me laisser faire. Je ne veux pas. Je veux qu’il arrête. Les larmes coulent. Je ne contrôle plus rien. Je suis tétanisée. Il entre son doigt de plus en plus… il fait des mouvements circulaires. C’est douloureux. Je crois que c’est son index ou son majeur. Il ajoute un autre doigt. Il continue les mouvements circulaires et de va et vient. C’est méthodique. Un 3ième. Je ne ressens plus la douleur. Je ne ressens plus mon corps.

J’ai disjoncté. Mon cerveau coupe tout. C’est trop.

D’un coup, c’est terriblement douloureux. J’implose depuis l’anus vers mes poumons. L’air qui entre en mois me fait me sentir comme dans une vacuole qui fluctue. Je ne suis plus que crispation informe. Mon corps perçu par moi se liquéfie dans un corps fait de béton. Et là, c’est un flash. un éclair. une détonation. Il rentre en moi. Je ne comprends rien. C’est son pénis, je le sais aujourd’hui. Je l’ai compris avec le temps. Je sens ses mains sur mes fesses. Elles tiennent mon arrière train pour faire la balance du rythme. C’est lent, puis il accélère en allant plus en avant. Et j’ai dans le cul profondément, quelques choses de gros, de dur. En vérité, il n’est pas très profondément dedans. C’est juste une sensation d’être éviscérer. Je sais que j’ai hurlé.

Mon corps lâche. Il s’effondre. Plus rien ne tient. Je vomis et je chie en même temps que je m’effondre. Tout dégouline. Il est dans mon cul. Et je chie. Il est sorti de moi. Je sens la merde sur moi mais je ne sens pas son odeur. Je ne peux plus sentir, ressentir. Il y a du vomi là où mon visage a atterri

Je sens un coup sourd dans mon dos. Je n’ai même pas mal. Pourtant ma respiration connait une apnée. Je ne respire plus plusieurs secondes. Il y a une reprise d’air d’un coup. Je sens la poupée de chiffons que je suis tiré par les cheveux. Tirée, tiraillé « Tu ne recommence plus jamais ça ». Il dit ça avec une rage meurtrière. Je n’ai pas pu contrôler la chose. C’est sortie tout seul. Il me jette dans le vomi. « Ça te laver ! ».

Je me relève, enfin pas vraiment. C’est extrêmement dur. Je n’ai plus de force. Je me laisse glisser vers le sol. Je me traine à quatre pattes jusqu’à la salle de bain. Je fini, je ne sais comment par être dans cette baignoire. Je ne sais pas comment l’eau coule. Je crois que c’est lui. Je sens l’eau couler. Je reste coucher au fond de la bassine. Je respire vaguement. Je fini par me retourner. J’ai mal. Je ne savais pas qu’on pouvait avoir si mal. Des coups de rasoir sont dans mon cul. C’est ça l’image. Je suis défoncé de douleur. Je fini par m’assoir. Je suis là, l’eau coule depuis si longtemps. J’ai mal. Je ne pleure même pas. Je n’ai plus cette capacité depuis…je ne peux plus rien. Je reste jusqu’à ce que la nuit tombe là. J’ai tendu des allers-retours. Il a tout lavé. Il s’est lavé aussi. Au robinet. Je crois. Tout est embrouillé. Je suis en état de choc.

Il me fait me lever de la baignoire. Je suis un pantin. Debout. Il m’essuie. Il me fait me pencher. Non, je ne peux pas. Je suis incapable de me pencher. Il me met retire mon t-shirt. Tiens, je l’ai toujours. Il m’en met un autre. Il me fait aller me coucher. Je m’effondre comme une masse dans le lit. Il me met de la Biafine sur l’anus. Aucun son ne sort. Je prends conscience que quand il m’a enculé, un son a éclaté ma voix. C’est comme si j’avais hurlé. J’ai mal aux cordes vocales. Il me couvre. Il met la veilleuse en route, éteint la lumière. Il entre baille la porte. Je reste dans le vague jusqu’à m’endormir. Je n’existe plus.

Le lendemain, je ne vais pas à l’école. J’ai mal. Il vient me mettre de la crème. Il me sert à manger au lit. Je ne mange pas. Je suis épuisée. « Il va falloir qu’on te nettoie mieux la prochaine fois ».

C’est l’effroi. La prochaine fois.

Je regarde mon rideau orange, mes peluches. Il ne reste que des larmes silencieuses.

J’ai des hémorroïdes. Quand je suis constipé, j’ai toujours le sentiment d’avoir des lames de rasoir qui me transperce l’anus. C’est une zone corporelle dont j’ai encore et toujours des problèmes fortement présents.

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