Galeiliante
Galeiliante

Une fellation, un mercredi après-midi

C’est une journée triste. La pluie frappe les carreaux. Les nuages gris chargent le ciel de nuances qui le font voyager dans les courbes, coins et recoins de leur volumes. Aucune forme qui me fait écho n’émerge de leur masse envahissante. Je suis lasse. Normalement, ce temps me reconnecte à la joie de l’enfance d’après-midi avec mon grand-père. Je m’accroche inlassablement aux mêmes souvenirs des temps passé avec lui.

Je suis assise à la table du salon. J’ai une vue sur l’extérieur avec les 4 grandes fenêtres de la baie vitré devant moi. Je vois le haut des plantes de la bute qui est coller au flanc de notre maison. Je suis distraite par le temps. J’aime la pluie mais pas aujourd’hui. Il fait trop froid pour un tour de vélo. Aujourd’hui, la désaturation du paysage me rend infiniment triste. C’est surement en réalité l’ambiance de la maisonnée qui me fait cet effet.

Mon père est à la maison. Officiellement, je fais mes devoirs. Je suis au collège, en 4ième. Nous sommes à Brazey-en-Plaine. e. C’est l’enfer. Je ne connais plus la solitude si douce d’avant… Avant, la solitude m’était si insupportable. Je crois qu’il est au chômage ou en arrêt. Impossible de me souvenir mais il est beaucoup trop présent à la maison. Je n’avais pas compris la valeur bénéfique de la négligence qui précédé sa présence si grande ici-bas.

En ce moment, il est particulièrement violent et violant. Moi, J’ai envie de m’évader. Je suis là, dans une pièce qui me semble chargé de l’humidité extérieur. Je ne révise pas mon interrogation sur les sédiments. Je regarde dehors. Plus je fais durer mes devoirs, plus je repousse les choses. L’important est de ne pas être distraite. Si je n’ai pas l’air concentré quand il remonte de son bureau à la cave, la valse va commencer.

Il monte. Mon ouïe est focalisée sur le son de l’escalier. La tension que je vis en interne est rapidement au comble de l’insupportable. Mon corps suffoque dans chacune de mes cellules. J’entends la porte s’ouvrir. Je tente désespérément de me concentrer sur mes devoirs que je ne fais pas. Ma respiration est haletante. Il me parle. « Tu en est où ? ». Je me retourne, je le regarde. Il est en caleçon. Je le croyais habillé quand il est descendu. « J’avance bien. Je révise mon contrôle sur les sédiments. ». Il sourit gentiment. « Fait une pause. ». Je sais que ce n’est pas une proposition, une possibilité ou un choix. C’est un ordre dit avec une douceur infinie mais le refrain est toujours le même. Si on ne connaissait pas la chorégraphie familiale, on se dirait que c’est un parent si bienveillant.

Je pose le stylo bille bleu que j’ai dans la main droite. C’est un souvenir si limpide dans ma tête. Il va dans le canapé derrière moi. Cette pièce est à moitié une salle à manger et un salon. Je le suis. Il n’a rien dit. Je souris. Je dois avoir l’air heureuse, ravie, contente de cette pause. C’est un vieux canapé gris et noir, poivre et sel, qui gratte. Je ne l’aime pas. Il s’assoie. Il ouvre son bras droit. Je sais que je dois m’installer coller à son corps accueillant. « Ça va ? » me demande-t-il avec tendresse. Il prend la télécommande qui est sur sa gauche. « Oui, papa ». C’est dit d’une voix lointaine, fantomatique, absente. Je suis là contre lui, assise. Je le fais vite parce que si je traine, il sera en colère. Il allume la TV. Il met en route un film qui est dans le lecteur de VHS. « On va regarder un film ».

Je ne sais pas à quoi m’attendre. Il lance la vidéo. C’est un porno. Je ne savais pas ce que c’était, c’est une première. C’était programmé, prévu. Le film est dans ce magnétoscope depuis combien de temps ? Il voulait que je le regarde avec lui. Il me sert contre lui. Sa main palpe mon sein. Je suis concentré sur ma respiration. Mes épaules s’effondrent. Il agite sa jambe gauche. Voilà plusieurs minute que nous sommes là. Deux femmes sont là ensemble. L’une s’en va, un homme apparaît se masturbant. Je regarde l’entre jambe de mon père. Il est en érection. Il pose la télécommande. Il lâche mon sein et colle ma tête à son torse. Il embrasse ma tête tout en laissant sa main redescendre vers mon sein. Je dois rester coller à lui. J’ai compris. « Je t’aime » lance-t-il de façon sirupeuse. Il se sert de sa main gauche pour sortir son sexe de son caleçon. Il se masturbe, cela dure un peu de temps. Je ne sais pas s’il regarde l’écran ou moi. Sa main droite quitte à nouveau mon sein. Elle se dirige vers ma tête. Il me semble que ça dure une éternité. Je veux que cela dur. Je ne veux pas de la suite mais pourtant c’est fait rapidement. Mais j’étire le temps de façon infini. La relativité du temps est bien là dans cet instant. Je sais déjà ce que je dois faire. J’ouvre la bouche. Je vais vers son sexe. Oh je n’en ai pas envie. Mais je ne coopère pas. Il va m’y forcer l’ouragan de rage qu’il a en lui.

J’ai mal à la mâchoire. Je n’ai même pas commencé. Mais tout se crispe en moi. Je sexe entre dans ma bouche. Il est énorme. J’ai mal. Son sexe m’étouffe. Ce n’est pas une vue de l’esprit. Il m’est difficile respirer. L’air passe à peine mais juste assez que je ne sombre pas dans les pommes, et trop pour que je ne plane pas du manque d’air. Mes poumons me donnent l’impression de rentrer dans mes côtes. Il agrippe mes cheveux. Il initie le rythme. Je dois mettre mon bras droit entre ses jambes pour tenir la position et effectuer une rotation de mon tronc. Je cherche mon confort. Je ne dois pas vomir. Haut, bas, haut, bas. Cela dur. « Vas-y ! Lèche-moi comme une glace ». Je dois me mettre à genoux au sol. Je lèche et suce son gland comme une glace. Il aime ça. Je repense aux glaces en cornet qui traine dans le congélateur, à chaque fois. C’est meilleur. J’imagine le gout de la glace. Mais le liquide séminal à un goût que je déteste. Et il avance un peu. Il se redresse. Il se met bien plus au bord du canapé. Il me prend la tête et je dois recommencer à l’avoir dans ma bouche. Il accélère le rythme. Je ne pense qu’a la douleur que je ressens, au blocage de ma mâchoire Je regarde le va et vient vers son ventre. J’essaie juste de respirer, de gérer la salive, son liquide qui coule dans ma gorge. J’étouffe mais je ne dois pas le monter. C’est trop rapide « aller ! » s’énerve-t-il. Il tord mes cheveux. Il éjacule. J’ai un réflexe nauséeux. Il est toujours dans ma bouche. Il a pris son plaisir. « Tu avales ! » lance-t-il. J’entends à nouveau les gémissements du film. Je n’avais plus conscience qu’il tournait en arrière-plan. « Je peux aller prendre un coca ? » demandais-je timidement, assise sur mes talons au sol. Parler m’est douloureux. Il acquiesce de la tête. Je descente à la cave. Je ne crache pas. Je prends la bouteille en verre dans le frigo. Je remonte en courant. Je veux laver le goût de ma bouche. Je bois quelques gorger avec rapidité. Je retourne dans le canapé. Et je regarde le film porno avec mon père. Ça ne m’intéresse pas. Il me dit juste « on va essayer de jouer à faire ça ». Alors, je me rends attentive. Parce que je n’aurais pas le droit à l’erreur. « Je t’aime Picsou ». Je suis sa pute.

Le samedi qui suit, il me conduit à la FNAC. Il m’offre 2 livres et 2 CD. C’est pour les 4 fois de cette semaine. Ma mère a trop travaillé. Je ne tiens un sourire de façade. En vrai, je suis brisée au-dedans.

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