Galeiliante
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Le consentement dans ma parentalité

L’idée d’avoir un enfant n’était pas une de ces évidences que d’autres décrivent. Je ne me disais pas « je n’en aurais jamais » ou « j’en aurais un jour ». Je n’avais aucune projection.  Un jour, après plusieurs mois de réflexion interne, j’ai dit à mon amoureux que j’avais envie d’un enfant. Je me souviens bien de lui avoir posé que c’était ok pour moi. Et j’ai ajouté que je reviendrais vers lui un an plus tard, pour savoir où il en été. Au sein même de notre couple, nous n’avions pas questionner la chose. C’était un non-sujet. Il en avait fait le deuil en réalité. Notre différence d’âge jouant dans son cheminement. Et cela n’était pas grave. Un an plus tard, je suis revenu vers lui.

Avoir un enfant, c’est quelque chose de ne pas si simple en soi. Chacun son histoire.  Avec mon enfance, je ne vous raconte pas la pression, la peur, l’angoisse, l’Himalaya, l’arctique, le désert, la fournaise, l’apesanteur que cela m’évoquait et le tout en même temps. J’avais peur de l’abimer, de le blessé, de le détruire cet enfant potentiel. J’avais peur de ne pas être à la hauteur.

 J’ai 4 enfants. Je n’en aurais pas 5. Quatre, c’est un bon chiffre.

Le consentement est une des pierres angulaires de ma parentalité. Il s’exprime, s’expose, s’éprouve, se met à l’épreuve, s’interroge dans de nombreux aspect du quotidien. Je vais vous en partagez certains.

Le plus flagrant est le rapport au bisous, convention sociale tellement répandue et imposé chez l’enfant. J’ai trouvé un point d’équilibre qui me convient dans ma position parentale. Il est interdit de forcer mes enfants à faire un bisou que ce soit par le corps ou les mots. Ils doivent respecter certaines conventions sociales du bonjour, au revoir, merci, s’il vous plait. C’est un point non négociable pour moi mais l’expression des salutations se suffit du verbe ou du geste coucou, le merci du regard, du sourire. Cela me met en colère qu’on impose un bisou à autrui. Cela ne prend pas, pour moi, l’enfant en compte mais le besoin de l’adulte. C’est ma représentation. Elle m’appartient et n’en est pas une vérité universelle. Mon corps a trop servi à nourrir les besoins de l’adulte indépendamment de mon existence, de la perception même de ma réalité.

Ce n’est pas un excès de réaction d’ancienne victime comme on peut me le renvoyer mais, le respecter le corps de l’autre. Mes enfants doivent consentir aux bisous, et ils peuvent même changer d’avis. Il en va de même pour moi.  

Chez nous on demande à l’autre s’il est ok pour un bisou, un câlin. Evidement que les enfants n’y pensent pas toujours, et on rappelle le cadre. Simplement. Et surtout, si l’un ou l’autre dit non, ça n’a pas de gravité. C’est ok de dire non. On ne rejette personne par le refus. On n’est simplement pas soi en envie, en disponibilité.

Le consentement dans les soins est le plus complexe à mes yeux. A 95% du temps, tout est fait avec leur accord mais nous savons aussi que parfois, comme récemment, imposer à un de nos enfants un examen médicale peu devenir une réalité. Alors, on explique que : oui, c’est imposé mais pas imposé sans mots. Pourquoi, comment, qu’est ce qui va se passer. On prend le temps et le tact qui faut. Et on assume les conséquences de ce geste médical dans leur réponse émotionnel sans l’étouffer.  D’ailleurs, les gestes posés sur leur corps ne sont jamais secret chez nous. Il est intolérablement pour moi qu’on dise à un enfant « ça, tu ne le dis pas ». Tout est toujours verbalisable en dehors de nous, les parents.

Les enfants aiment voyager la nuit dans le lit de l’un ou de l’autre dans notre maison. Ce n’est pas un problème. Toutefois, il est non négociable que le titulaire du lit soit ignoré. Il a le droit de changer d’avis aussi. Et rien ne doit être négocier Ma dernière a tendance au voyage nocturne. Et son frère ainé peut lui dire non. Mais ce refus ne s’accompagne pas d’un rejet. Elle ne peut pas, il reste alors près de son lit jusqu’à ce qu’elle dorme, assis, calmement. Et, il s’en va quand elle dort. Il le fait naturellement. Ils ont trouvé un compromis ou chacun est ok. Bien sûre, elle préférait que cela se passe comme elle le veut. Mais elle doit apprendre et être accompagner dans la complexité des hypothèses de la vie et leurs réalités.

Mon 3ième n’hésite pas à renvoyer la maxime « mon corps, mes choix ». Effectivement, il n’a pas forcement envie de dormir quand vient l’heure convenu du sommeil. Il peut ne pas dormir, dans son lit. Il ne peut pas empêcher les autres de dormir.

Dans plein d’espace qui se questionne au quotidien, nous demandons. Et ils nous demandent.

J’ai aussi imposé que le changement d’avis soit une réalité qu’on ne peux remettre en cause. On peut en parler de ce qui va avec un changement d’avis. Parfois nous changeons d’avis par peur. Et il est essentiel d’accompagner cette émotion.

La pire des choses que j’ai lu sur les parents victimes d’inceste dans leur enfance, c’est que leur approche du consentement est figée, anxiogène. Dans l’inceste, il y a l’absence de limite, l’absence de mots. Vivre cette extrêmes de l’absence de verbe, c’est aussi réfléchir à la nécessité de ce dernier. Ainsi que l’accueil qu’on en fait. Je suis convaincue que cet axe de ma parentalité est le plus juste quand on aborde la vie comme je le fais. Je ne l’imposerais à personne. Il n’est pas une simple réaction à mon enfance, mais une voie que j’ai prise en réflexion. Oui, cette enfance questionne ma position de parents. C’est normal. Tout le monde questionne, même quand on reproduit un modèle similaire. Bien évidemment, certaines reproductions d’un canevas sont dans la maltraitance. La réponse à l’interrogation sur sa parentalité est à confronter. Mais elle a eu lieu, quelques parts au frontière ce qui échappe à ma compréhension.

Le consentement, ce n’est pas un concept, une idée. C’est un de mes fondamentaux, un de mes piliers.

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