Galeiliante
Galeiliante

Le voyage en classe de mer, tout droit vers Océan.

Le titre donne envie, un voyage. Un voyage loin de la maison. C’est une promesse, un vœu exquis. C’est une sucrerie qui efface les cauchemars. J’avais été deux fois sur la côte atlantique. La première fois, c’était dans une colonie de vacances. J’en garde deux souvenirs : un labyrinthe fait de barrières sur lesquelles ont avait mis des grands panneaux en carton permettant de trouver le chemin pour aller à la soirée boum qui et d’un cheval qui m’avait pincé l’épaule. J’ai toujours un léger gène anxieux sur mon épaule droite. Et puis, il y a ce voyage en Bretagne avec mes parents dans une maison de vacances d’amis (collègues ? partenaires de business ?). Ce voyage à lieu, je crois en classe de CM1. Je vivais à Brazey et j’allais à l’école à Dijon.

Je me souvenais de l’odeur d’iode, des fruits de mer que je détestais, du sentiment d’une culture locale bien loin de ma référence, de la couleur d’une lumière brumeuse. Je me souvenais de ces heures solaires qui sonnaient différemment de celle en Bourgogne.  Le voyage à la mer rimait pour moi avec la magie, les sorcières dans les bois, l’eau et la terre à l’unisson. Il y avait pour moi en Bretagne une source intense de spiritualité. Je ne savais pas le nom que cela porté mais c’était en moi. Et j’ai gardé cette spiritualité. Je me souvenais aussi de ce trajet au long-court vers l’océan atlantique, nous y étions allés en Renault Espace et j’avais dormis dans la voiture. Nous n’avions mis qu’un siège pour optimiser le confort de la route.

J’étais heureuse d’y retourner. Le week-end qui précédait ce départ, un lundi aux aurores, j’avais préparé tout mon sac. C’était difficile pour moi. Je voulais le préparer depuis une semaine déjà mais ma mère trouvait sa débile. Elle me traité d’idiote. Évidemment, j’avais raison. Et, de façon prévisible, mes parents m’ont reproché de le faire à la dernière minute. Il a fallu courir le samedi pour acheter ce qui manquait et j’en passe et le dimanche tout enfourné dans mon sac orange Lafuma acheté pour cette occasion. C’était souffrant car mes parents me hurlaient dessus sur mon attitude soi-disant négligente, incapable de planifier quoi que ce soit. Je n’avais pas fait laver tout mon linge. Je n’avais pas sélectionné les bons vêtements bien que je suivisse scrupuleusement la liste. J’ai osé pointer le dimanche que j’avais voulu qu’on le fasse le samedi précédent pour éviter le stress de la précipitation. Mon père m’a insulté, frappé dans le dos, jetais au sol. Je voulais tellement partir, j’espérais tellement qu’on m’oublie là-bas que ce voyage était un enjeu pour moi. Et je ne devais en rien, jamais, marqué leurs propres mégardes, imperfections, erreurs.

Le soir, je demandai à quelle heure était planifié le lever matinal. Et j’ai par conséquent programmé, loin de mon lit, mon radio réveil. Mon idée était que vu l’heure, dans les 5h du matin, je ne voulais prendre aucun risque a raté le train à Dijon avec les 30 min de route à faire. Un réveil au loin me semblait être la stratégie parfaite. J’ai vérifié le réglage du réveil de ma mère et de mon père. J’ai dit bonne nuit à mes parents et je me suis glissé sous ma couette. J’ai regardé mon radio réveil au lumière rouge, le point à côté de l’heure qui marqué qu’il était programmé. Et j’ai pu dormir, me laisser aller. J’ai oublié les risques de la nuit. Vu l’heure, forcément, il ne viendrait pas.

Le lendemain, je me suis réveillée. D’un œil, j’ai constaté avec horreur que mon radio-réveil n’était plus branché mais ma veilleuse si. Les deux étaient sur la même multiprise. J’ai regardé ma montre bracelet. J’ai hurlé de panique. Mon train était sur le point de partir de la gare de Dijon. C’était un train spécialement affrété pour ce voyage. Il y avait d’autres classes d’autres école. Panique, étouffements, cris. Je réveille ma mère. Elle ne comprend pas. Elle voit l’heure. Urgence, accélération. C’est le flou de la précipitation.  On se met en route, je ne mange pas, elle téléphone pour prévenir, je ne sais qui de mon retard.  Mon père me jette dans notre Renault 25 turbo spéciale. Il a roulé vite… vite. Aucun mot, aucun échange. Il avait les narines qui palpitais de rage. Nous sommes arrivés à la gare de Dijon, trop tard malgré tout leur effort, le train avait dû partir. Celui-ci il devait s’arrêter à Nuits-Saint-Georges, de mémoire, et on nous a dit qu’on pouvait peut-être le récupérer là-bas. Arrivé sur place, ouf le train est là. On me jette dedans.

Évidement sur la route, j’ai pleuré en silence. Je ne voulais pas rater ce voyage. C’était une pause dans mon quotidien.

Cette semaine-là, tous les élèves ont reçu une lettre racontant mon retard, le fait que j’avais raté le train que je l’avais finalement eu un peu plus loin et que j’avais pu participer à ce voyage.

Quand je suis rentré, j’ai pris cher. C’était forcément de ma faute si les réveils n’avaient pas sonné. C’était de ma faute si la lettre parlait de moi. C’était de ma faute si ont pointé la panne de réveil. Tout était sur mon unique responsabilité, faute et culpabilité. Le juge paternel en avait décidé ainsi.

Je suis sûre que c’était mon père qui avait fait ça. Ma mère était ravie de me voir dégagé plusieurs jours. Lui, pas. Il prenait le risque que je parle. Avec le recul, je pense qu’il m’en a voulu de ce train finalement attrapé. J’aurais pu dire, loin de lui, à ma maitresse que j’avais peur, qu’il me faisait du mal. Mais je n’ai rien dit. Je n’avais pas confiance en elle, j’avais même peur d’elle.

J’avais aimé ce voyage. J’ai un vague souvenir du dortoir, de la cantine, de ce que nous avons visité, d’une balade. J’ai détesté rentrer.

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