Silence, j'ai peur du noir

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Galeiliante
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Ma marraine n’est pas une reine, partie 1.

C’est un sujet douloureux, à vif, brulant. Je l’ai aimée, adorée, vénérée, idolâtrée. Elle est celle qui m’a fait apprendre qu’il n’y a point d’admiration aveugle à avoir pour un humain. Elle m’a donné une claque douloureuse, une de celle qui fracture, défonce, écorche, déchire le cœur, une de celle qui rappelle qu’on n’est rien quand on est celle qui se sent déjà si inexistante. Elle m’a fait mal et j’ai continué à l’aimé. Parce que j’avais l’innocente cécité des gens qui espère un peu encore en être de cette humanité. Vous savez cette humanité qui n’avais pas trouver que j’avais ma place en son sein, parce qu’on ne va pas sauver une enfant de 4 ans, 8 ans, 10 ans, 12 ans, 15 ans, 16 ans, 17 ans, 18 ans qui hurle « au secours, je n’ai plus de ressources ». Cette humanité dont je me sens toujours en marge, pas tout à fait membre.

Elle représentait le rêve de la mère inaccessible : celle qui faisait des activités avec ses enfants, celle qui veillait sur eux, celle qui exprimait de l’amour. De mon point de vue d’enfant négligée, elle était magicienne. Surement que pour ses enfants le portrait est plus nuancé avec des couleurs qui m’échappe.

Elle était loin d’avoir une bourse pleine et cela était une honte pour mon père. Pour lui l’argent était un facteur d’évaluation de la place dans la société. Mon rapport à l’argent étant tout autre, il y avait cette évidence qui faisait que je ne voyais pas cela comme un critère. J’étais consciente d’être l’arrière-petite-fille préféré d’une arrière-grand-mère qui avait fait de l’argent le seul critère d’expression de son amour. Et j’avais su voir au-delà des billets dont je recevais toujours la plus grosse liasse. J’avais juste cette pudeur à ne pas en parler. C’était un sujet d’engueulades entre mémé Marie et moi, uniquement entre nous. Parce que je pensais que quand on s’aimait, on ne s’abimait pas devant les autres.  

Je me souviens d’avoir vu ma marraine faire de la pâte à sel avec ses enfants. Je me souviens de tas de choses, de tas de moment qui font rêver une enfant qui n’a rien de tel dans sa vie. C’était encore mieux que dans les films. Elle embrassait ses enfants avec une tendresse qui fait envie.

Elle avait fait construire une maison sur le terrain a coté de chez mon grand-père. Elle ne savait pas que cela avait sonné le glas de la magie des moments de tonte de pelouse entre lui et moi. Mais j’étais prête à payer ce prix.  Ce terrain lui appartenait. Elle en avait hérité. Et je trouvais génial qu’elle vive à côté de chez mes grands-parents. Je me disais que je pourrais profiter de la présence de mes cousins et cousines, avoir une relation avec eux. L’idée d’appartenir à une famille, c’était nouveau, inédit. Une de ses familles qu’on voyait dans les films du dimanche après-midi dans Disney Parade. L’idée d’être membre de quelque chose de plus grand que mon cloaque personnel… Franchement, ce n’était pas rien. Et quand on est gamine « ce n’est pas rien » cache ce que les mots ne peuvent dire.

Mais j’ai appris petit-à-petit que je n’étais pas à ma place. Je sais qu’il y a eu beaucoup de tension entre ma marraine et mon père. C’était sa demi-sœur. Et j’ai vu que je faisais tâche très vite. Surement que mon attitude n’était pas adaptée, mais comment aurais-je pu imaginer l’attitude à avoir ?

Petit-à-petit, j’ai vu une autre facette d’elle. Une facette bien plus noire. J’ai encore beaucoup de mal à l’évoquer. Ce moment où je dois partir du gouter. Surement que c’était hors de ses moyens où qu’elle estimait je ne sais quoi. Mais moi, je me suis senti abandonné, rejeté et j’ai eu terriblement mal. Il y a tous ces autres moments qui ont fait s’effondré le château de carte de l’espoir. Allons à la fin. Notre dernier échange, celui qui me montre oh combien je n’ai jamais été membre de la famille.

Ma grand-mère venait de mourir. Et, je n’ai pas facilité, apaisé la fin de vie de mémé E. Peu avant son décès, ma marraine m’a prévenue qu’elle était malade. Je ne sais plus comment. La dernière fois que j’avais vu mémé E. c’est quand je me suis interposé entre elle et ma mère et qu’a la gifle qu’elle avait essayé de lancer, j’ai répondu plus vite…Ce moment sans discrétion où je l’avais insulté en pleine rue. Si cette attitude est amorale, je ne la regrette pas. Parce que ce jour-là ma mémé avait franchis bien des lignes. Alors me voilà avec un A. tout jeune dans mes bras, quelques semaines à peine. Un petit être qui était sorti de mes entrailles. Un petit être qui en deuxième prénom porte comme un étendard le prénom de mon grand-père adoré. J’ai accepté d’aller la voir. Mes beaux-parents nous ont prêté leur voiture pour ce trajet au long court. Mon intention était claire, net précise, aussi limpide que de l’eau de source : j’avais des choses à dire.

Évidement que quand quelqu’un meurt, ou est mourant, on se pardonne tout, on efface tout… Vraiment ? J’étais face à ce passé fait de tortures et face un petit être. Je n’avais aucunement l’intention que ça soit comme dans les films : l’unissons sur le lit de mort. Je suis allée dans cet hôpital bien décidé à vider mon sac, balancer mes reproches. Parce que c’est eux les adultes et ils avaient au pire le silence et l’aveuglement de ceux qui regardait ailleurs. Ma grand-mère n’était pas une femme « bien sous tous rapport », loin de là. Elle avait battu ma marraine, elle avait façonné mon père en un monstre déshumanisé. Elle était celle qui avait fait beaucoup pour que mon enfance soit un cataclysme. Alors, là, je n’ai pas vu une faible femme mourante mais une des armes qui a détruit mon enfance. Je lui ai tout dis, conclu ce qui était à dire. Parce que c’est bien joli de mourir et faire semblant de s’aimer. Mais en vrai, je devais sauver la vie de mon fils et des autres enfants que j’imaginais avoir. Et on ne sauve pas ses enfants de sont histoire en jouant à la mascarade familiale, aux balles des faux semblant et illusion de tendresse.

Je lui ai dit son prénom, je lui ai présenté mon fils. Et, Alex a quitté la pièce avec notre fils. Je lui ai dit de façon courte et consiste que mon père m’avait torturé, violé, maltraité et qu’elle n’était pas innocente. Je lui ai dit qu’elle n’a rien fait pour me sauver et que c’est une faute. Et surtout, je lui ai dis que je ne la pardonnais pas. Elle n’avait qu’à négocier avec son dieu, il est amour. Mais lui, il n’a pas été engrossé par son père. Il n’a pas été défoncé par son père a coup de pied, de coude, de poing. Il n’a pas été la poupée de chiffons des fantasmes pervers. Alors, qu’elle voit avec lui pour l’absolution, moi, ce n’était pas mon job dans l’histoire.

Je suis sortie soulager et elle… a vécu ses derniers jours avec le poids de cet échange. Ce n’est pas cruel que de trouver ça juste. Ce n’est pas inhumain que d’être sûre d’avoir bien fait. Ce n’est pas grave qu’elle a eu quelques jours difficiles. Ce n’est en rien grave. D’ailleurs, ce n’était pas mon but. Mon but était de nettoyé une des plaies. Et le désinfectant ça pique. Ce que cela lui a fait et la résultante de son équation de vie et non la mienne.

Évidemment, cela n’a pas plus à ma marraine. Elle avait pris en charge ma grand-mère. Avait-elle vu l’ironie de la chose ? Celle de l’enfant qui avait été battu et qui prenait le pouvoir sur son tortionnaire. Mais ça ne lui a pas plus que je dise la vérité. Je trouve ça tellement malhonnête… Et arrive enfin ce dernière échange… (la suite ? demain !)

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