Silence, j'ai peur du noir

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Galeiliante
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Ma marraine n’est pas une reine, partie 2.

[…] Mais ça ne lui a pas plus que je dise la vérité. Je trouve ça tellement malhonnête… Et arrive enfin ce dernière échange…

Après le décès de ma grand-mère, suffisamment longtemps après pour que la démoniaque petite fille que je suis ne se pointe surtout pas à l’enterrement. Un soir, mon téléphone a sonné. Je me suis toujours demandé si ce n’était pas aussi parce qu’en tant que seule héritière j’aurais pu faire ma chiante. C’est tout le paradoxe. Ma marraine est la demi-sœur de mon père. Elle n’a aucun lien de filiation avec ma grand-mère. Y a que moi. Bien que j’aie toujours, personnellement, considéré ses enfants comme les petits enfants de ma grand-mère, bien qu’eux pour 2 d’entre la nuance de non-lien de sang a été balancé : pépé Erwin n’était pas mon grand-père quoi que je dise pour eux. Mais, j’ai choisi ma position et je m’y suis fixée surement parce que pépé m’a dit que quoi qu’ils disent « je suis ton grand-père ». Et ma marraine ne me connait définitivement pas : je ne serais même pas venu et je n’aurais rien fait. Elle a projeté sur moi ses propres croyances.

Elle m’a annoncé qu’il y a plus d’une semaine mémé E était morte. Je me suis assise dans mes escaliers. Je me suis posée. Et j’ai ouvert les vannes. Évidemment, elle m’a reproché les terribles dernier jour de ma grand-mère… Sympas ?! Et mes années de tortures ? effacée… finir sa vie en devant faire face à ses erreurs, négligences c’est normal aussi. Surement pas très chrétien mais je suis païenne alors ? Et j’ai eu cette fragilité, cette fébrilité. Je lui ai demandé quand même si elle savait ce que moi j’avais vécu… combien moi j’avais été abimé. Et là, cette femme a osé me dire qu’elle savait et qu’elle avait choisi que je subisse ça. Elle a dit « on a choisi » d’ailleurs et lancé un provoquant « tu ne sais pas tout ». Je ne serais pas étonnée que je lui ai lancé quelques insultes en réaction. J’étais en état de choc. Là, posé dans mes escaliers, le corps vide, l’espace interne disparaissant, l’immobilité à pris le dessus. Le sentiment de mourir encore m’a envahi. Je n’avais pas imaginé être aussi invisible : je l’ai été pour de vrai.

Je lui ai dit que je savais que mon père l’avait violé, que ma grand-mère l’avait battue. Et elle m’a dit que c’était du passé, derrière elle. Mémé étant morte, c’est fini.

Et là que faire sinon rire ? Croire qu’une mort clos un chapitre de maltraitance : c’est se voiler la face ici. Elle n’avait rien terminé autour de mon père. Et c’est même pire, dans notre famille c’est cultiver la répétition. C’est entre elle et moi. Ses enfants ignorent beaucoup de choses et n’ont que la version d’une adulte qui a délibérément choisi qu’une enfant subissent de ses 1 ans à ses 17,5 ans des viols, violences, humiliations quotidiennes. Ils me voient sous l’angle de la méchante. Mais, ils ignorent (pour encore quelques jours) l’autre revers de l’histoire. Cette femme s’est engagée devant un dieu qu’elle a trahi. En effet « Ils ne doivent pas oublier de prier pour leur filleul et effectuer une parenté spirituelle. Ils s’engagent aussi à participer à l’éducation du filleul et à aider les parents dans leurs responsabilités. Pour y arriver, ils doivent posséder les capacités nécessaires et une certaine maturité. » (Wikipédia rôle de la marraine). Pour elle participer à mon éducation, c’était ça. Me laisser me faire déchirer le corps, l’âme par un monstre qui a trahis la foi. Parce qu’il croyait en dieu, mon père. 

Ma marraine ignore l’étendu de mon savoir et de ma compréhension sans oublier de mes interrogations, déductions. Avec le choix qu’elle a fait : je ne lui accorde aucunement l’ignorance sur mon subit. Il lui a fait plus que la violer, il y a tout ce que je n’évoque pas ici, mais qu’elle va devoir affronter dans un courrier prochainement.

J’avais commencé à me poser des questions assez tôt. Une de mes cousines mordait facilement tout le monde. Une autre avait des problèmes d’énurésie. Et la question du haut de mes 4 ans puis 6 ans était : elles font ça parce qu’elles n’aiment pas les câlins la nuit ? Je sais ce que j’ai vu. Je sais ce que m’ont père a imposé à l’une d’elle. L’énurésie était selon ma réflexion d’enfant une excellente stratégie pour se protéger.

La provocation de ma marraine sur ce que j’ignore me met en colère. Elle sous-entend aussi que pépé Erwin n’a pas été ajusté. Mais ce n’est pas comme ça qu’elle le détruira à mes yeux. Elle n’a pas conscience que je sais qu’il n’a pas été un homme assez bien ! Je le sais. Il ne l’a pas protégé de la maltraitance. Je le sais depuis longtemps. Mais ça ne change rien. Il m’a offert la capacité à rêver.

Ma marraine a pris en charge tout le quotidien de celle qui fut sa tortionnaire. Ce n’est pas sain. Ce n’est pas ajusté. Ma marraine m’a lancé que j’étais comme mon père. Moi ? Je n’ai pas pris le pouvoir sur un humain. Je ne viole personne. Moi, je n’ai pas quitté l’humanité. Même si je suis à la marge. Même si l’humanité n’a rien fait pour me faire savoir que j’étais à ma place en son sein, même si l’humanité ne m’a pas sauvé. Même si l’humanité a refusé d’entendre la parole d’Isabelle… ça ne change rien. J’ai eu mille fois l’occasion de choisir la voie de la monstruosité ou de l’humanité. Et jamais je n’ai douté de mon chemin.

J’accorde à cette femme qui a trahis sa foi, l’enfant, la loi, la famille… qui m’a trahi : qu’elle a été abimée, blessée. Cela n’enlève rien à son acceptation de la situation, à son choix. Bien au contraire. Elle sait combien ça vous bousille. Mais moi, quand mon voisin tabassait ses enfants, la première nuit dans cette maison, j’ai appelé la police. Quand d’autre gens ont emménagé et que j’ai entendu l’an passé la femme être battue, j’ai appelé la police. Il l’a su. J’ai su ce que je risquais. Quand un mec a tabassé sa femme devant chez moi, je suis sortie. Et si demain, j’apprends qu’un enfant subit ce que j’ai subi : le silence ne sera jamais ma réponse. Jamais.

Et contrairement au portrait tissé de moi, c’est être humaine que de ne pas accordé l’absolution aveugle. C’est une affaire de religion. Ce qui est amusant, c’est que j’ai eu peu de temps après le décès de ma mère un échange avec Marcel, l’abbé qui m’a baptisé. J’ai ouvert ma bouche. Et lui, il n’a pas accordé l’absolution à mon père. Il a reconnu ce que j’ai vécu. Il m’a dit « je suis humain, et ça, faire ça a un enfant, je le laisse faire face à dieu. Je ne peux pas rejoindre la prière pour son âme. C’est pour toi qu’il faut prier. C’est toi qui en as besoin. Et pardonne-moi de n’avoir rien vu ». Mon père a fréquenté Marcel jusqu’à la fin de sa vie. C’est lui qui a vu ma marraine s’engagée envers moi. Il a accompagné pépé Erwin dans son dernier voyage. Il a été présent depuis l’armé près de mon père.

Ma marraine n’est pas ma reine. Elle m’a trahi. Elle a délibérément choisi que mon père me viole plus de 1200 fois. Mais, a-t-elle conscience que les choix ont une tendance à perler ? Elle na pas fait le travail de désinfection dans sa branche familiale. L’inceste, les viols, la pédophilie s’y rejouerons jusqu’à ce que le travail soit fait.

Et moi, en bossant depuis plus de 15 ans a cette histoire sclérosante, j’ai été confronté à un pédo criminel qui n’a pas été seul avec mes enfants parce que je ne laisse pas mes enfants seuls. Mais j’acte qu’il n’a pas touché à mes enfants et que j’ai su les protégés. Mais cela a pu avoir lieu au prix de thérapie, lectures, dialogue, échange, apprentissage du danger. On ne sort pas de notre histoire par la simple croyance que ça ne passera pas par soi.

Elle m’a trahi mais elle a trahi ses propres enfants. Et j’en sais plus qu’elle ne le croit. J’ai commencé jeune a questionné mon environnement, les interactions. Et je suis presque sûre que mes questionnements, ma compréhension dépasse ce qu’elle sait.  

L’analyse, le jugement moral que je pose ici ne concerne que ma marraine et ses actes. Le généralisé serait risqué. Elle vivait à plus de 400Km de lui une fois que nous avions quitter la lorraine. Elle a eu l’opportunité d’agir en toute sécurité.

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