Galeiliante
Galeiliante

Tu l’épouseras !

Mon père m’a assigné quelques injonctions au fils des années. Parmi elle, il y à celle du mariage. Cela a commencé en douceur et il avait un plan précis. Il s’agit toujours de la domination et du contrôle absolu sur moi, sur les autres.

J’étais très jeune quand il m’a dit à quel point mon cousin le plus âgé était paresseux, inintéressant. Je ne comprenais pas. Je le trouvais intelligent surtout incompris par mon père. Il y avait de la déception chez mon paternel vis-à-vis de C1 (petit pseudo que je donne à mon cousin). Il était en effet le parrain de C1. Mais mon père adorait C2. Il le trouvait intelligent. Il me disait qu’il était plus intelligent que moi. Bref, C2 c’était le choix de luxe, la glorification récurrente dans un non-sens pour moi.

J’en avais soupé d’entendre parler de C2. Et puis, je l’appréciais moyennement. C’était un cousin, on pouvait jouer ensemble mais clairement nous ne nous rencontrions pas. Et ce n’est pas grave. J’étais fascinée par C1. Il avait quelques choses chez lui qui me donner le sentiment d’espace, d’ailleurs. Il avait surement la représentation symbolique du grand-frère rêvé pour moi. J’avais envie d’être proche de lui, mais nous n’étions pas proche comme je le souhaitais. J’en aurais bien fait un ami.
Mon père vers 6 ans a commencé à me dire qu’on avait le droit de se marier avec ses cousins. Je trouvais ce point aberrant. Chemin faisant, moi grandissant… Les critiques sur C1 augmenter, les complémentations sur C2 aussi. Leur mère était ma marraine. Mon père était en tension avec, contre elle. Il lui crachait dessus. Moi qui espérais qu’elle m’aime. Je n’en ai jamais eu le sentiment. J’aime ma filleule. Et je sais que mes enfants ont de l’amour de la pars de presque tout leur parrain ou marraine.

Vers 10 ans, j’ai commencé à étendre que pour le bien de la famille, pour le bien de notre préservation, C2 était un bon parti. Franchement, j’ai compris que je n’avais pas le choix. Je finirais avec lui. Peu importe ce que lui voulais et moi. Peu importe la famille. Mon père avait pris une décision. J’ai partiellement adhéré, non pas par envie, mais par survie. J’ai même caché une lettre d’amour vers lui chez ma grand-mère. Mais réellement, je n’étais pas dans l’idée de cette union. C’était une fatalité, un non-choix. Je répondais au schéma par obligation.

Sa mort m’a soulagée de son plan. Ma vie, mon droit à ma direction, à ma liberté de faire un choix enfin là. J’y ai pensé assez rapidement après l’annonce de sa mort, avant de le voir à l’hôpital, sur le chemin vers la morgue. Je me suis dit « chouette, je peux choisir une femme ou un mari ». Je sais que cette prison de choix, de sa décision avait un but de contrôle de plus dans une vie faite sans échappatoire. Bénédiction que celle de sa mort.

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