Galeiliante
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Un été dans le flou – Partie 2

1998 – Fontaine-lès-Dijon

J’ai ouvert la porte de l’appartement. Il raisonnait de l’absence de bruit…

Comme d’habitude, j’ai fermé à clef la porte d’entrée en prenant soin de ne pas la laisser dedans, sinon ma mère ne pouvait pas renter. Je suis dirigé vers ma chambre pour déposer mon sac. Enfin j’ai essayé. Mon père m’a plaqué contre le mur. J’ai mis un temps à comprendre. J’ai cru à un violeur, chez moi, un inconnu. Il y a la violence déroutante de l’imprévisible, du brutal foudroyant, de la brusquante immédiateté.  J’ai lâché mon sac. Je me suis pissé dessus dans la foulée. Je sentais l’urine chaude couler sur ma jambe gauche surtout. Brutal, rapide, soudain. Je me suis retrouvé à la perpendiculaire de ma position initiale. J’étais contre le mur. Et, face à lui, hébété, je n’ai pas réussi à comprendre, plus rien n’était signifiant. Il m’a fallu quelques secondes ou-il continué ses manutentions violente.  Lui, son gros corps gras me plaquant. Il n’a pas dit un mot. Je l’ai reconnu après un temps qui m’a semblé infini alors que cela n’avait surement duré qu’une seconde. Mais le temps que je comprenne, il avait fusionné sa bouche sur la mienne, introduit sa langue à l’intérieur. Il a commencé à la tournée en moi. J’avais une envie de vomir, un réflexe nauséeux bien exprimé. Il a tapé ma tête contre le mur. « Tu ne vomis pas ». Il a recommencé. Sa main gauche plotait mon sein droit. Avec son autre main, il a soulevé ma jambe. C’est là que j’ai remarqué qu’il était en caleçon, comme toujours. « Arrête ! » a-t-il lancé en retirant sa bouche de la mienne. Et il s’est remis dedans. Il bandait. Il était dur. J’avais un pantalon, un t-shirt. Il a lâché ma jambe gauche. Il a glissé sa main sous mon t-shirt blanc. Il ne sortait pas son immense langue baveuse et répugnante de mon espace oral sacré. Je me suis concentré pour ne pas vomir dans sa bouche parce que si je l’avais fait, il m’aurait surement tué. Il a enchaîné les mouvements. En décollant sa bouche et la refusionnant, il m’a déshabillé. J’avais terriblement peur. D’un coup, j’étais en brassière de sport. Il a senti l’urine. Il m’a enjoint a retiré mon pantalon, ma culotte. Il a retiré ma brassière. Il m’a dit « tu as envie, tu mouilles vite, vicieuse ». J’étais dans le hall de notre appartement, le pantalon par terre, la culotte au milieu. Le t-shirt au loin, la brassière, je ne sais où. Il m’a dit « je t’aime petite pute ». Il m’a trainé par le bras dans le salon. Sur la table basse, il avait préparé du lubrifiant. Je gémissais « non ». Mais il n’avait aucune attention à ma supplique. Il m’a jeté sur le clic clac qui était en mode lit. Il m’a violé. Le récit se suffit à lui-même, c’est ce qu’on dit. Mais il y a eu la suite, celle que je n’ai pas envie de voir absente de l’histoire.

Mon corps sature, explose, implose, le tout en même temps sous la violence des gestes et leur absence de sens. Ce n’est pas la première fois, ni la dernière fois. Et pourtant. À chaque fois la compréhension se perd.

À coup de rein, il entre dans mon vagin, à coup de langue dans ma bouche.  Je suis couchée, désarticulé. Il a tiré mes cheveux pour mettre ma tête en arrière pour que ma bouche s’ouvre mieux. Les mouvements s’enchainent. Mais ce corps, le miens, n’est plus qu’un passager clandestin de ma conscience. Il est là, sans être relier, défaillant, abstrait.

Je ressens la mécanique : avant, arrière. Mon sexe n’avait rien anticipé. La soudain, l’inattendue, rien. Je n’étais plus dans me routine anticipatrice. J’étais si sûre, soulagée, qu’il nous avait quitté, libérée. Je n’étais pas humide. Ça l’a mis en colère. Un vagin sous-lubrifié, ce n’est pas très agréable pour le violeur.

Il s’est décollé de moi. Je suis resté comme morte, couchée. Mon corps était amorphe, hypotonique. Je subissais la gravité. J’avais fermé la porte la clef, je ne savais plus où elle était. Et puis pour fuir, il faut pouvoir bouger. On ne fuit pas nu. Si ? Il a pris du lubrifiant sur la table basse. Il m’en a mis directement dans le vagin. Il a utilisé sa main droite, ses doigts pénétrant dans la délicatesse de son bon plaisir dans mon vagin, au dedans il veut bien étaler le lubrifiant. Pour que cela soit bien pour lui ; pour ne pas laisser de trace, déchirure. Il a commencé à laisser glisser un doigt dans mon anus, le majeur. En douceur, petit à petit. Il m’a fait comprendre d’un regard, dans le non-verbal que je devais aller à 4 pates. Il a pis une pipette, un truc laxatif à m’enfoncer dans l’anus.  Ça fait surement mal. Je ne sais pas trop ce que c’était, enfin si, je connais adulte se type produit.  Mais à cette époque je ne sais pas ce que c’est. « C’est pour que ça se passe bien pour toi, que tu restes propre. Je sais que tu aimes ça ». Ce n’est pas la première fois, pas la dernière fois qu’il va faire ça. Cela étant, je dois me coucher. Je patiente pour que ça fasse effet. Je connais la chorégraphie. Je ne dis rien. J’ai eu envie de faire caca très vite. Je bondis. Ça me fait toujours ça. Je cours vers les WC. Cela explose dans la cuvette. Je me vide, encore et encore. Il m’a rejoint. Il est nu.  Il y a encore quelques instants, il avait son caleçon. Là, il est nu, la bite en l’air, bandante. Il la tient d’une main, de la main droite. Il se masturbe en me regardant me vider dans les chiottes. Il m’a dit « on va dans la salle de bain » quand de toute évidence j’avais fini. La porte du bocal sans fenêtre qu’était cette pièce à peine franchie, Il a pris un gant de toilette sur l’étagère à gauche. Il suffisait de tendre le bras, avancer d’un pas. Être là, nu devant le lavabo. Quel petit bocal que cette salle de bain.  Je ne m’étais même pas essuyais. Je connaissais la musique.

Il l’a mouillé, frotté sur le savon et il m’a lavé le cul. Il était à la perpendiculaire de mon corps. Il m’a fait me pencher légèrement en avant pour une meilleure action nettoyante. Il a mis son doigt depuis l’intérieur du gant sensiblement dans l’anus. « Tu es bien propre !».

Je ne gémissais plus, je ne pleurais plus. J’étais out. J’étais absente. Je me perdais dans mon propre regard, celui qui se reflétais en face de moi. J’étais de l’autre côté du miroir. Je pouvais voyager dans un monde parallèle sans viol. Il m’a reconduit dans le salon, remise à 4 pattes. J’étais nu. Au passage, j’ai remarqué que les volets était mis clos. On ne pouvait rien voir chez nous depuis l’immeuble en face.

Et il a commencé à mettre une petite touche de lubrifiant dans mon anus. Puis il a caressé l’orifice anal du bout du majeur droit. Il a commencé à pénétrer mon rectum en douceur : un petit bout de doigt dedans. À peine un millimètre, peut-être moins. Et puis en prenant son temps, rajoutant avec sa main gauche du lubrifiant, juste au-dessus de mon anus. Entre ses petits ajouts de gel, il se branlait. J’entendais le rythme du haut-bas sur son sexe. Il est allé de plus en plus en profondeur. Il parlait et je ne comprenais rien. D’un doigt, c’est un deuxième qui entre en action. Le majeur est bien en moi. L’index surement qui vient d’entrer dans la danse. Il fait des mouvements circulaires pour bien écarter, ouvrir le trou. Mon rectum est évasé. Petit à petit, je suis assez ouverte à son gout. Il retire ses doigts. Et il colle la bouteille de lubrifiant sur mon anus. Il appuis vite avec une certaine pression pour qu’il y a suffisamment de produit en moi. Cela coule malgré tout. Trop est mieux que pas assez. Il change de position. Il me grimpe, je ne sais pas comment au-dessus de moi. Et il enfonce son sexe dans mon anus en douceur, en lenteur. C’est pénétrant. Je manque de place en moi-même. Je sens mon cul devant faire la place. Je pousse comme pour chier, pour luter. Mais rien ne sort. Il est en moi. Mon corps s’effondre sous son poids. C’est effrayant ce qu’il pesé lourd. Je me sens comme une grenouille écrasée. Il a installé un rythme. Il accélère, encore et encore. Cela dur. Encore et encore va et vient dans mon cul, encore et encore. Il continue. De plus en plus vite, l’accélération se fait prenante. Je ne sens plus mon corps depuis longtemps. Je sens l’espace qu’il prend. Je ne sais pas où je suis, au dehors, je regarde la scène. La douleur dépasse ma capacité à comprendre. Je suis absente et c’est mieux ainsi. Je ne sais pas qu’elle est l’intensité de la douleur.

Je suis là, tapant se texte. Je n’ai pas la trace de ma respiration, pas la trace de la brutalité de la douleur. Encore aujourd’hui, je suis spectatrice de la scène.

Il éjacule. Et là, ça me fait un peu mal. Je sais avec le recul que ce n’est pas un peu. C’est énormément mal. C’est déchirant. Mais je ne peux contacter que cela dans mon souvenir.

La mécanique qui suit c’est aller à la douche.

Il défait la pomme de douche du tuyau. Il pose le joint sur le lavabo qui est à côté de la baignoire. Il me fait me pencher en avant. Il met le tuyau avec de l’eau tiède presque froide au niveau de l’orifice anal. Et de l’eau rentre en moi. Il lave le sperme. Il coupe l’eau, rebranche la pomme de douche. Puis va commencer une douche… nous deux sous les perles de pluie. Il va commencer une douche qui serait romantique avec ton amoureux mais qui est abjecte avec ton père. Je crois que je ne sens que les gouttes d’eau parce que… c’est la seule chose de beau en ce lieu… Il va me rouler des pelles.  M’enlacer, encore et encore. Sa main gauche sur mon sein, sa main droite sur mon cul. Il s’amuse à aller vers mon cul en me disant « tu aimes ça » l’air coquin et malicieux. À me dire qu’il a encore envie, malaxant mon seins droit le tout en me collant au mur et m’obligeant à enlacer sa jambe de la mienne en la soulevant et en plaçant sa main sous mes fesses toujours allant vers l’évasure qu’il a laissé. Il inonde mon cou de ses lèvres. Mais, il ne bande plus. Je suis soulagé. « Tu m’a tellement manqué » me lance-t-il. Il me lave, se lave. Il sort.

En sortant de la douche, je me suis habillée, vite. J’ai filé vers ma chambre. Je me suis glissé dans des vêtements. En retourna dans l’entrée prendre mon sac de vacances. J’ai vu qu’il avait mis ses clefs dans la serrure. Ma mère n’aurait jamais pu rentrer. Il a été occupé à ranger le salon, ouvrir le volet, remis le clic clac en place. Il a effacé ses traces, mes traces. Il m’a demandé de préparer mon linge à laver, mes vêtements souillés dans la foulé. Il les a ramassés. Ce qui s’est passé a disparu dans le néant du « ça n’est jamais arrivé, personne ne te croira ».

Il avait disparu et il n’est revenu que pour moi. Où est-il allé ? Que s’est-il passé ? Il n’a pas reparlé de mon année scolaire catastrophique, de mon avenir scolaire, du fait que je refasse la seconde. Rien.

C’est juste la première fois qu’il m’a embrassé avec la langue. Un dynamique qu’il n’avait jamais osé. J’étais sa maitresse dans son regard. Et moi, j’étais un corps objet vidé de substance, de vitae.

Mais j’ai vécu avec une terreur rare. Terreur qui a conduit quelques mois plus tard à lancer « S’il me touche encore, je le tue. » et je l’aurais fait. C’est ça le pire pour moi. J’aurais tué un humain. J’aurais été à son niveau. Il est mort, merci à lui. Une rupture d’anévrisme à l’hôpital. Je n’ai pas eu à passer à l’acte. Mais, je l’aurais fait ce retour de vacances, ces 5 mois d’enfer qui ont suivi ont précipité ma déclaration. Il ne gérait plus rien. Il s’est branlé sur moi pendant les temps de midi, violé souvent après l’école, brutalisé, humilié, imposé dans plein de douche. Ma mère était soit absente soit trop bourrée. Il a même fait certain truc, elle complètement shooté dans son lit à quelques mètres de moi. 5 mois d’enfer complet. Jamais, jamais, il n’était allé aller aussi loin, aussi fréquemment.  

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