Silence, j'ai peur du noir

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Galeiliante
Galeiliante

Voyager seule

Je passais les étés en Lorraine alors que je vivais en Bourgogne. Rapidement mes parents étaient agacés de faire les trajets. Pendant quelques années, mon père râlait dans la voiture à devoir faire ce chemin.  Je me suis retrouvais du haut de mes 10 ans balancés dans un train avec une correspondance à prendre à Mets et les GSM n’existait pas.

J’avais un sac Lafuma orange et noir. Il était rempli de mes plus beaux vêtement. Il était aussi rempli de tout ce qui comptais pour moi : ma Playstation et mes jeux, de quoi dessiner, écrire, des livres (que je ne lirais pas car, à cette époque je n’aimais pas lire), de mon lecteur de CD portable et de tous mes albums importants.

Mes parents ne voyaient pas l’intérêt de trouver une solution de voyage accompagné. J’avais peur, très peur de rater la correspondance, que ma grand-mère ne soit pas à l’arrivée du train, de perdre mon billet de train, de me tromper de train à Metz, d’être kidnappé et j’en passe. J’imaginais les pires scenarios. J’avais peur de rentrer au retour, peur de retrouver mon carnassier paternel. J’avais peur que mes cousins mes rejettent encore. J’avais peur de tout. J

Ces trajets solitaires ont commencé après le décès de Pépé Erwin. Je suppose ce que dernier n’aurait jamais toléré ça. En tout cas, c’est ce que je crois

J’avais l’angoisse de perdre mon billet. C’était une partie majeure du traitement interne de ma machine à penser. C’était prenant, affreux. Je faisais des allers-retours vers la pochette où il était rangé. Ne rien perdre, pouvoir rentrer, devoir payer avec mon argent de poche un autre billet si je le perdais. J’étais petite, trop petite, pas équipé, fragile pour ses trajets.

Il est arrivé plusieurs fois que mémé E soit en retard à la gare. Et j’étais là, toute petite dans une gare sans savoir quoi faire. Je restais là, figé sur le quai. Puis je cherchais frénétiquement ma carte de téléphone, tournais et retournais mon sac dans la peur de perdre mon billet de train. J’allais au téléphone public. Je connaissais le numéro de ma grand-mère par cœur, j’appelais et cela sonnais dans le vide. Et j’imaginais qu’elle avait eu un accident, qu’elle ne voulait plus me prendre, me récupéré. J’appelais mes parents qui évidement ne me répondait pas.

Quand j’arrivais chez ma grand-mère, j’appelais mes parents. Mais ils ne répondaient pas. Je finissais par les avoir 2 ou 3 jours après. Mon père était furieux. Il me reprochait de m’en foutre de leur vie, de ne pas respecter leurs peurs, leurs angoisses. J’avais beau dire que j’avais appelé, que je le l’aimais. Il m’engueulait. Et le reste des vacances, les échanges était glaciale. Il aurait un gagner un concours de phrase monosyllabique. « Oui, non, au revoir ». Et puis, j’avais peur de rentre, de retrouver cet homme furieux et frustré de mon absence.

Je me souviens qu’un été, quand j’ai appelé, ma mère était paniquée. Mon père avait disparu. Ils étaient disputés. Elle ne savait pas où il était, ni avez qui. Leur compte en banque ne révélant aucune activité financière au-delà de ce qu’elle avait dépensé. Il est rentré un peu avant mon retour. Je ne sais pas ce qui s’est passé.

Mais le retour, c’était toujours violent. Je pense qu’en général, je payais le prix de mon absence, de sa frustration sexuelle. L’été où il a disparu. Tout ce que je sais, c’est qu’au retour, il m’a enfourné sa langue dans ma bouche. C’était dégoutant. Il ne l’avait jamais fait avant. Elle était grosse, sa bave me donnait la nausée.

J’appréhendais tous l’été le retour. Je me faisais des plans, des hypothèses, des scénarios. Je cherchais à anticiper, évaluer les possible solution. Malgré tout, je n’étais pas violée. Et ça, c’était des vacances pour mon corps. Mon esprit ne pouvait pas décrocher.

Les étés n’étaient plus ce qu’ils étaient. Mais au moins, j’étais partiellement en sécurité. Et ça, c’était soulageant. Mais, je restais seule, seule dans ces peurs intestines. J’ai fais ce voyage pendant 7 ans.

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