Galeiliante
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Épisiotomie non-consenti

Nous sommes le 16 août 2012. J’avais prévu un accouchement à domicile. Et rien n’a été comme prévu. J’ai fui mon projet et, c’est une tout autre histoire que je vais effleuré à peine. Cette histoire à lieu en Belgique contrairement aux autres que je raconte qui sont dans mon enfance avant que je ne quitte mon pays.

Je suis donc arrivée dans un hôpital pas très loin de chez moi. Je suis en salle de naissance. C’est encore neuf. L’hôpital vend un projet d’accouchement des plus physiologique loin de sa pratique précédente. Il y a une baignoire, une écharpe accroché au plafond, un canapé dans cette salle, e vais « juste » voir cette infrastructure. On ne va rien me proposer pour m’aider à traverser ce qui me brise. Et, dans une malheureuse évidence, ce n’est pas du tout la réalité de ce que je vais vivre ici : une physiologie, une humanité qui est mienne écouté, prise en considération. C’est loin de cela.

Je venais dans un transfert parce que j’était brisé psychologiquement. J’ai été mis sur une table de naissance des plus classiques, pate en l’air, corps vautré. Il y avait de l’hostilité chez les soignants. L’imprévu, un projet de lieu de naissance qu’ils ne valident pas : je suis la vilaine patiente. Et en plus, j’ai un garde du corps en la personne de mon compagnon ! Il se montre présent et finira par dire qu’il est là pour me protéger moi et son enfant.

L’équipe me reconnait. Je suis celle qui a déjà été transféré dans un même projet avec son méconium et le soignant.  Il s’en suit beaucoup de violence. Il n’ont rien digéré et il vont me faire payer la facture, encore, intérêt compris. C’est de la violence obstétricale, de la perte d’humanité. Et on appelle la gynécologue de garde.

Je suis là, couchée. Une sage-femme a fait une tentative d’expression abdominale en mettant un ballon de grossesse sur mon ventre et s’appuyant dessus. C’était d’une violence colossale. Je suis obèse mais ce n’est pas une raison qui conduit à de tel sauvageries. Rien n’est une raison pour autant de violence. Rien ne justifie son acte mais il a eu lieu. Je suis prostrée, prise entre l’envie que ce bébé sorte, que tout s’arrête dans ses sensations qui se lient à ses souvenirs nauséabond qui reviennent à la surface et à l’arrivé de mon bébé.

C’est la même gynécologue que pour mon transfert précédent Dr D. « Encore vous ! Vous allez finir par comprendre que vous n’êtes pas capable d’accoucher ! » lance-t-elle sans me regarder ses yeux pointant sur mon vagin que n’importe qui peut voir depuis le couloir avec cette porte grande ouverte un peu dans la diagonale de la pièce. Vue sur vagin ! Nouveau tour opérateur de la naissance respect é ! Corps en situation de vulnérabilité ! Entré libre et regard indiscret garanti. Heureusement, je suis seule cette nuit-là dans le pôle naissance à mettre bas. Je suis capable de le faire, accoucher. J’ai déjà accouché par voie basse. Je suis là parce que je suis brisée psychologiquement parce que… réactivité dans une remonté traumatique pendant l’accouchement. Je suis prise entre le devoir de mettre cet enfant au monde et une grossesse du au viol un peu avant mes 16 ans que j’ai fait interrompre au-delà de 3 mois de grossesse en me faisant bastonné par des jeunes dans des quartiers où la violence social s’exprime dans des actes violents. Je suis morcelée. Je veux juste qu’on abrège les choses. Je pose le refuse l’épisiotomie. Je n’en veux pas. Je veux juste que ce bébé sorte de moi, que cet accouchement en finisse. Et je sais que ne veut pas de deux choses, c’est tout ce que je garde en tête : je refuse de l’ocytocine de synthèse ; je refuse qu’on me coupe le sexe.

C’est clair, net, précis. Je peux accepter beaucoup de chose. Mais pas ça.

Évidemment, on m’impose l’hormone de synthèse. Personne ne m’écoute. J’ai eu mon 1er enfant par césarienne, mon second par les voies dites naturelles. J’ai peur de certains effets de l’hormone dont je connais les risques sur la cicatrice certes faible. J’ai la trouille et cette frayeur se doit d’être reçu. Je ne veux pas d’une rupture utérine. Et cette peur est balayé comme une poussière sur l’autel de la bêtise d’une patiente qui à trop fait de recherche sur google. Ce n’est pas cela, évidement. J’ai lu des recherches sérieuse. Et j’ai peur. La peur est humaine. Elle mérite considération, accueil et accompagnement.

La Gynécologue regarde mon sexe sans jeter un œil vers moi. Je ne suis qu’une vulve à la vue de tous. Je sens que mon bébé est presque là mais encore en moi. Profondément en moi, il n’est pas proche de la sortie. Il a encore du chemin à faire. Je suis dans une fragilité sur le point de sauter dans un gouffre vertigineux de nausée sur ma propre histoire. Je gère une naissance, et la mise face a face avec une grossesse dénié dans l’adolescence, de la fausse couche provoquée par la violence, des mensonges sur l’infertilité de mon père.

Je n’ai pas besoin qu’on appuie sur mes peurs ! Elles des tentacule obscure, envahissante, traitresse, vicieuse.

Mais, je n’existe plus. Je suis un tas de chair sur une table, prête à une dissection sur tissus humain vaguement vivant. Je suis déshumanisée tant par mon histoire que par l’équipe qui projette ses angoisses, son stress sur moi. Je n’ai pas le droit de vouloir ou de refuser, je suis à leur merci, niée. Je n’avais qu’a pas venir là chercher de la protection face au danger. Car j’ai fui le danger… avec le soignant. Danger que je ne savais nommer mais qui est devenu clair à mon corps ce jour-là. Je suis vulnérable. Comme toute personne dans un processus de naissance, je vis un chemin interne qui n’a pas de mot. Et il me, ce chemin, dans mon histoire si rêche, rugueuse à mal.

Je dis « non ». Je le hurle quand je la vois préparer un kit. Je sais ce que c’est. Je suis passionnée par la naissance. Elle va me faire une épisiotomie. Je ne veux pas. Je l’ai dit. Je le redis que je ne veux pas. Je le supplie. C’est non, de tout mon être. Ce n’est pas un simple refus à priori, au moment de l’acte : Je pose se refuse. Elle me jette un léger regard en faisant émerger sa tête d’entre mes jambes. Elle soulève un sourcils. Son corps me dit que je n’ai plus aucun droit de quoi que ce soit. Elle va m’agresser. Je le sais. « Elle vous a dit non » assure mon compagnon d’un ton ferme, passif-agressif. Déjà que les sages-femmes n’ont pas arrêter de me dire de me taire car je criais de l’effroi de ma propre histoire. Il ne donne pas du tout envie de négocier. Mais, elle est en situation de pouvoir sur mon sexe. Elle s’en fiche. Elle agit. Mon compagnon se rapproche du haut de mon corps, impuissant, pris dans une tempête interne. À défaut de pouvoir me sauver, il me tient la main, il ne m’abandonne pas comme je l’ai trop vécu. Elle me pique avec de la lidocaïne. Elle me le dis. C’est pour endormir la zone et faire l’épisiotomie. Mais ?! mon bébé n’est pas là. Il n’y a pas de tête affleurant mon sexe, mes lèvre. Il est encore trop profond en moi. Je sais comment on fait cet acte. J’y suis profondément opposé. On ne devrait jamais banaliser de couper les tissus du périnée. Douce expression anatomique pour ne pas dire « la chair du sexe ». Les piqures, 2 ou 3, je ne sais plus. Elle sont la zone du périnée et elle  me font mal.

Pourquoi lui infliger ça a mon sexe ? Des piqures. Je n’avais encore jamais subit ça, là. Elle redresse sa tête comme si nous allions faire la causette. Elle me regarde ses yeux juste mon pubis. C’est une scène hallucinante. « Il faut attendre que ça fasse effet ». Je pleure… je n’ai que des larmes à lui offrir en réponse. J’ai dis non. Elle m’a fait mal. Elle a était dans une effraction de cette zone si fragile. Elle attend comme on atteint un café a emportèrent étant un peu pressé pour prendre un train.« Ça ne sert à rien de pleurer ! » lance-t-elle d’un ton professoral.

Eh bien si ! Cela me sert à vider ce que ses émotions me font, à essayer de drainer un énième cancer émotionnel, à exprimer ce que j’ai comme brisure et cela la confronte à ce qu’elle m’a fait. Je n’en ai strictement rien à faire qu’elle soit déranger. Je suis en train de vivre une agression. Elle tapote avec sa main et me demande si je sens quelques chose. Non, je ne sens rien. Mais je ne réponds pas. Elle ne mérite pas ma réponse. Je sais que mon bébé n’est pas encore en train de sortir. Elle prend ses instruments. Je dis « non, je ne veux pas », encore, avec cette voix d’enfant qui est mienne, fluette, juvénile. Non, l’enfant que je suis au plus profond de moi ne veut pas. Mon corps, ma tête ne veut pas de ça. Mon sexe a assez subit. Je ne veux pas qu’on le tranche dans le vif. Mon bébé est toujours profondément en moi. Comment le laisser cheminer vers moi… comment faire avec les images de la fausse couche, du bébé mort que j’ai fais expulsé il y a plus une vingtaine d’année, de moi ado… là et elle tranche mon sexe. Mon père lui a fait tellement de mal ç mon vagin, mon périnée, mes lèvres. Tellement d’horreurs. Et j’ai dit non. Parce qu’on m’a assez souvent renvoyé qu’on ne dit pas non, nous les victimes, alors que c’est notre faute si on est violé. Je sais que ce n’est pas vrai.. Mais là, j’ai dit non. Je peux dire que c’est vrai, cela ne sert à rien. Parce que l’agresseur s’en fiche de vous. Je pleure. Mon corps expulse mon bébé dans une violence brut, exacerbé, à son paroxysme. Je ne sais même pas commence se déroule ce moment. Je suis déchirée.

Il est dehors, la tête souillée par mon sang. Il doivent faire quelque chose urgemment avec lui. Il a but du sang avec l’expression abdominal. Je ne comprends pas les mots. Je n’entends pas. Je suis abrutit dans un état de choc. Il faut lui faire des soins. Je dis à mon compagnon de partir avec… Je suis seule dans cette pièce avec une sage-femme et la gynécologue. « Ça vous donnera peut-être une bonne leçon madame. ». Elle me recoud. Je ne lui parle même pas. Comme depuis l’enfance, m’a tête regarde ailleurs, sur ma droite ici. Elle renchérit « vous pourriez dire merci ! » avec une voix pleine de dédain.

Merci ? Merci d’avoir donner un coup de scalpel dans mon sexe ? Merci d’avoir nié mon refus ? Merci de m’avoir mutilé ? Merci d’avoir brisé mon sexe plus que ce qu’il avait déjà subi ? Il n’avait pas besoin de ça mon sexe à moi.  Je ne répondrais rien. Je n’ai aucune reconnaissance. Je lui souhaite de souffrir. Je n’ai qu’accès à ce ressenti.

Mon compagnon revient suivant la sage-femme. Elle me dépose sur le corps un bébé. Je n’oublie rien de ce qui vient d’être vécu. Il est vivant, il n’est pas abimé, enfin je crois. Moi je suis mal.

Mon compagnon leur a fait des remarques acerbes  hors de ma présence. Je ne perçois plus rien. Je ne suis même pas soulagé que mon fils soit vivant. Je suis meurtri. Il est là. Je sais que je le caresse, je fais ce qu’une mère fait. J’ai dissocié avec du retard. Je ne supporte pas la surcharge de vécu que j’ai en moi.

Dans les semaines qui suivent, je vais cheminer vers cette zone à tâtons avec mes doigts. Et je vais avoir du mal à toucher la cicatrice de cette épisiotomie. La reprise de la vie sexuel va être très complexe. Et la première pénétration sera un choc, une violence. Mon vagin se refermera, vaginisme de retour. J’ai était défloré à nouveau. Je n’en avais pas besoin.

Elle m’a fait le point du mari cette Dr D. Vous savez pour qu’il est le plaisir de pénétré un sexe vierge. Elle m’a puni. Elle n’a pas puni le soignant de ce qu’il a mis en place et de ce qu’il n’a pas mis en place. Elle m’a puni moi, la femme en vulnérabilité. Elle m’a maltraité.. J’ai dis non. Et elle a piétiné mon consentement couper un sexe si abimé par son histoire, c’est une sorte d’explosion, d’apogée de l’horreur. Elle m’a mutilé. Elle a rajouter une pierre à l’édifice de ma souffrance. Point.

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